Santé

Sexe, jeu, achats compulsifs, la face cachée de Parkinson

Des experts ont révélé mercredi 20 juin que certains traitements contre Parkinson déclenchent des comportements compulsifs, allant de l’hyperactivité sexuelle à l’addiction aux jeux.

Une étude a révélé que certains troubles du comportement se développent brusquement chez des patients souffrant d’une maladie de Parkinson. Jeu pathologique, achats compulsifs, addiction à internet ou à d’autres activités récréatives, hypersexualité ou boulimie, ces troubles du contrôle des impulsions seraient déclenchés par la prise de médicaments. Publiée dans la revue américaine Neurology, l’étude a porté sur 411 patients français suivis durant plusieurs années. Au cours d’une période de cinq ans, ces “troubles du contrôle des impulsions” frappent près de la moitié (46%) de ceux traités avec “agonistes dopaminergiques”, médicaments synthétiques qui miment l’action de la dopamine, un neurotransmetteur.

Traitement de Parkinson et addictions

Les soupçons planaient déjà sur les traitements pour la maladie de Parkinson. En 2012 un patient ayant souffert d’addictions au jeu et au sexe liées à la prise de son traitement, s’était vu allouer près de 200.000 euros par la cour d’appel de Rennes qui avait confirmé la responsabilité du laboratoire GSK, le fabricant du médicament. L’étude récente va dans le sens des premiers constats et prouve que les cas d’addiction sont plus fréquents qu’initialement évalués. Ils peuvent avoir des conséquences aussi spectaculaires que désastreuses sur les patients atteints.

Ce sont des gens qui vont se ruiner au casino, se lever la nuit pour vider leur frigo, ou avoir une sexualité débordante. Par exemple être arrêtés pour exhibitionnisme ou divorcer parce qu’ils ont multiplié les conquêtes.

indique le Dr Jean-Christophe Corvol, de la Pitié-Salpétrière, à Paris.

Ils vont se mettre à acheter des voitures de luxe. Un patient qui avait beaucoup d’argent disait qu’il avait acheté une Porsche, et sa femme corrigeait : non, tu en as acheté quatre d’un coup”, a-t-il poursuivi. L’étude prouve que ces effets indésirables augmentent avec la dose et la durée du traitement aux agonistes de la dopamine. “Et si on arrête le traitement, ça disparaît, dans l’année chez la plupart.

a souligné le Dr Corvol.

Selon les auteurs de l’étude, la connaissance de ces troubles doit inciter les médecins à informer les patients et leur famille.

L’entourage ne s’en rend pas compte au départ, alors que quand on prévient le couple par exemple, il y a une vigilance.

Conclu le Dr Corvol.

Publié le jeudi 21 juin 2018 à 15:16, modifications jeudi 21 juin 2018 à 15:18

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !