Santé

Selon cette nouvelle étude, la malbouffe et le cancer sont intimement liés

Malgré la validité du nutri-score encore une fois prouvée, celui-ci n’est pas obligatoire en vertu d’un règlement européen de 2011, fruit d’une intense campagne de lobbying de l’industrie agro-alimentaire.

Une étude très large menée sur près de 470 000 Européens et publiée dans la revue PLOS Medecine par une équipe de chercheurs de l’Inserm a permis de prouver que les individus consommant davantage de produits mal notés sur l’échelle Nutri-Score développaient davantage de cancers.

Un lien évident entre malbouffe et cancer

Nous savons déjà que la consommation d’alcool et de tabac augmentent considérablement les chances de développer un cancer. Mais nous avons désormais la preuve à grande échelle que c’est également le cas pour la malbouffe. Pourtant, les étiquettes des produits les plus gras, sucrés et nocifs sont un indicateur solide à ce niveau. Mais encore faudrait-il qu’ils soient rendus obligatoires…

En effet, le Nutri-Score a été choisi par la ministère de la Santé en 2017 pour estimer les qualités nutritives d’un produit grâce à un code à 5 couleurs, depuis le vers jusqu’au rouge, auxquelles correspondent 5 lettres, de A à E. Et cette nouvelle étude a justement tenté d’estimer la corrélation entre les aliments mal notés et le risque de développer un cancer. En tout, ce sont 471 495 consommateurs européens issus de 10 pays différents qui ont vu leurs habitudes alimentaires analysées.

La validité du Nutri-Score confirmée

Les participants à cette étude ont été suivis pendant 15 ans, depuis 1992 jusqu’à 2014, et ont répondu à des questionnaires sur leurs habitudes alimentaires. En tout, 49 794 cas de cancer ont été enregistrés, dont les plus fréquents sont celui du sein, de la prostate et les colorectaux.

Les chercheurs ont ensuite séparé cette population en plusieurs groupes, depuis ceux qui s’alimentent le mieux à ceux qui consomment le plus de malbouffe. Ils ont ensuite comparé le premier groupe au dernier pour tenter de trouver une corrélation entre cancer et malbouffe.

Le résultat est sans appel : plus les scores nutritionnels sont faibles, plus les cancers sont nombreux, et en particulier les cancers colorectaux, les cancers des organes ORL, de l’estomac, du poumon, du foie et du sein. Mais malgré cela, l’affichage du Nutri-Score n’est toujours pas obligatoire à l’échelle européenne.

En effet, d’après l’ONG Corporate Europe Observatory, l’industrie agro-alimentaire a dépense 1 milliard d’euros en Europe pour faire du lobbying contre ce projet. Et cela a marché, puisqu’en raison du règlement européen de 2011 à propos de l’information des consommateur sur la nourriture l’affichage du Nutri-Score ne peut pas être imposé aux grands industriels.

Publié le dimanche 23 septembre 2018 à 10:56, modifications samedi 22 septembre 2018 à 13:51

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