Santé

Rhône-Alpes : Des champignons toujours radioactifs, 30 ans après Tchernobyl

Une étude de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) montre que les champignons de la région Rhône-Alpes conservent toujours des taux de radioactivité encore très élevés. S'ils venaient du Japon, leur importation serait bloquée par l'Union européenne…

Les chercheurs de la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité) basée à Valence dans la Drôme viennent de révéler que les champignons des bois de la région Rhône-Alpes sont toujours porteurs d'une concentration notable de radioactivité.

Ainsi, l’information relayée par France Bleu Drôme-Ardèche ce lundi 14 novembre, sur 38 échantillons de champignons prélevés en Rhône-Alpes, 36 comportent du césium 137, un élément hautement radioactif.

Ces éléments sont une conséquence de la catastrophe de Tchernobyl, mais également des essais nucléaires des années 1950-1960, selon Julien Syren, un ingénieur chargé d'études au laboratoire de la CRIIRAD.

La concentration de césium 137 est certes moins importante qu'il y a trente ans, mais quand même supérieure aux normes d'importation des produits en provenance du Japon.

Si aujourd'hui, les taux de radioactivité sont bien inférieurs à ceux que l'on pouvait constater à ces époques-là, ils sont tout de même détectables. Pour trois champignons (le bolet bai récolté dans le parc naturel du Pilat, une chanterelle à tube ramassée dans l'ouest de la Loire et un petit gris trouvé dans le Vercors dans la Drôme) la concentration radioactive n'aurait pas permis l'importation de ces champignons, puisque très supérieure aux normes autorisées par l'Europe depuis la catastrophe de Fukushima.

En effet, depuis la catastrophe de la centrale nucléaire japonaise, en mars 2011, le seuil de tolérance a été rabaissé. Après Tchernobyl, l’Union européenne avait fixé la limite à 600 becquerels (l'unité de mesure des matières radioactives) par kilo d'aliment frais, tandis qu'aujourd'hui, elle est passée à 100 becquerels par kilo.

Cependant, inutile de tomber dans la panique. La Criirad ne souhaite pas affoler les amateurs de cueillette et assure que la concentration en radioactivité est trop faible pour se révéler dangereuse pour la santé de ceux qui consomment ces champignons, en nuançant malgré tout son propos :

S'il s'agit d'une consommation occasionnelle, il n'y a pas de danger, mais une consommation de plusieurs centaines de grammes par an de ces champignons secs peut comporter un risque non négligeable

Explique Julien Syren, en ajoutant :

surtout si elle est accompagnée de consommation de gibier, comme le sanglier, qui se nourrit aussi de ces champignons.

Article publié le mardi 15 novembre 2016 à 15:17, modifications mardi 15 novembre 2016 à 15:22

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