Santé

Protections intimes : Selon l’Anses, la présence de substances chimiques serait « sans risque pour les utilisatrices »

L’Anses a tenu à répondre aux préoccupations des femmes concernant la composition des protections féminines. Ainsi, selon l’agence, « on peut retrouver des pesticides tels que le glyphosate, mais pas de risque sanitaire à long terme ».

Ce jeudi 19 juillet, l’Anses a rapporté que les tampons, serviettes hygiéniques et coupes menstruelles contiennent des substances chimiques. Pourtant, présentes en « très faible concentration », il n’y aurait pas « de risque sanitaires pour les utilisatrices ».

Des traces de pesticides

Si les protections féminines sont restées très longtemps confinées dans l’intimité des salles de bain, depuis quelques temps elles font régulièrement l’actualité. En effet, de plus en plus d’utilisatrices s’interrogent sur leur composition et les risques qu’elles courent. C’est pour répondre à ces préoccupations que l’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, s’est penchée sur le sujet.

Pour mémoire, l’agence sanitaire avait été saisie en avril 2016, après une enquête du magazine 60 Millions de consommateurs qui avait fait grand bruit. Elle pointait la présence de résidus « potentiellement toxiques » dans les tampons et protections féminines.

Ainsi, à partir d’études menées par des associations de consommateurs et d’analyses de composition chimique, l’agence vient de rendre un rapport. Et celui-ci confirme que les protections périodiques contiennent bien des produits chimiques. Certains sont des perturbateurs endocriniens suspectés, comme le Lilial, une substance qui parfume. D’autres sont considérés comme des sensibilisants cutanés.

Or, ces substances, dont la concentration est inférieure aux seuils sanitaires, proviennent sans doute de la « contamination des matières premières ou des procédés de fabrication », précise l’Anses. Il peut s’agir par exemple de traces de pesticides dans le coton d’une serviette hygiénique ou d’un tampon. En outre, la présence de substances chimiques peut être due « au processus de blanchiment des produits par des agents chlorés », a expliqué  le professeur Gérard Lasfargues, le directeur général adjoint scientifique de l’Anses.

Outre le risque chimique, l’expertise de l’Anses a également porté sur le risque microbiologique, avec le fameux syndrome du choc toxique menstruel. Il s’agit ici d’un cas « rare, mais potentiellement grave ». A ce titre, l’Anses rappelle que le risque de développer ce syndrome « augmente avec une utilisation prolongée d’une protection interne et/ou l’utilisation d’une protection d’une capacité d’absorption plus forte que nécessaire. »

Pas de réglementation spécifique

Aucun dépassement des seuils sanitaires n’a été mis en évidence. Que ce soit dans les tampons, les protège-slips et les serviettes hygiéniques. Il ne semble pas y avoir de risque à long terme».

Précise le Pr Gérard Lasfargues.

Toutefois, principe de précaution oblige, l’Agence émet quelques doléances à l’égard des fabricants.

Il est possible d’éviter d’avoir ces substances potentiellement dangereuses. Soit en améliorant la qualité des matières premières. Soit en modifiant les processus de fabrication. Par exemple, des substances dangereuses, telles que la dioxine et le furane, peuvent se former lors des procédés de blanchiment utilisant un agent chloré. Alors qu’il existe des alternatives.

Par ailleurs, actuellement, la composition et la fabrication des produits de protection intime ne font l’objet d’aucun règlement spécifique. L’Anses réclame donc un encadrement plus strict au niveau européen.

Il y a bien un cahier des charges, notamment pour les substances chimiques. Mais il n’est pas aussi restrictif que pour les matériaux au contact des aliments. Ou ceux qui sont utilisés en médecine.

Regrette le Professeur.

Publié le vendredi 20 juillet 2018 à 8:54, modifications vendredi 20 juillet 2018 à 8:44

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