Santé

Procréation : la surcharge pondérale des géniteurs augmente le risque de futures maladies chroniques chez l’enfant

Le tabac et l'alcool constituent d'autres variables à risque.

Avant que l’enfant ne soit conçu, le poids des parents et leurs habitudes alimentaires renseignent déjà sur les risques potentiels que pourra rencontrer le bébé à naitre. C’est-à-dire, les possibles maladies chroniques qu’aura cet enfant une fois adulte.

Ces affirmations au sujet de l’impact de la surcharge pondérale sont le fruit des recherches d’une équipe scientifique. Leur travail a été publié dans la revue médicale hebdomadaire anglaise The Lancet. Il s’agit de l’une des plus anciennes et des plus prestigieuses de la discipline. Pour ces travaux, les chercheurs vont du principe que la période de préconception se compose de trois temps.

Les fenêtres d’observation de la surcharge pondérale

D’abord, du point de vue biologique, il y a la condition physique immédiate des parents les jours qui précédent la fécondation. Ensuite, selon la perspective humaine, on considère leur santé tout le temps que dure le désir d’enfant du couple, avant sa concrétisation.

Enfin, au niveau sociologique, la période de préconception s’analyse à travers les femmes. Ainsi, on regarde les qualités physiques et alimentaires, tous les moments où la future mère est en capacité de procréer, dès sa puberté.

Dans les trois angles étudiés, les conclusions sont sans équivoque. La forme physique, et plus particulièrement la surcharge pondérale dans le cas qui nous concerne, nécessite une prise en compte.  A côté du tabac et de l’alcool qui sont aussi des variables non négligeables, les chercheurs proposent des solutions, autant personnelles que politiques et globales, pour prévenir ces risques.

Risques encourus pour le futur adulte

Les effets de la surcharge pondérale (ou plutôt leurs intensités) ne sont pas les mêmes selon le genre du parent. Ils sont tout aussi différents en fonction du stade d’évolution, de l’embryon à l’âge adulte de leur progéniture. Le surpoids des hommes diminue la qualité de leur sperme. En plus d’une fécondité altérée, c’est aussi le patrimoine génétique qu’ils lèguent qui en pâtit. En effet, la possibilité de développer des maladies chroniques telle que le diabète est plus grandes pour les enfants de ces pères.

L’impact de l’obésité maternelle se ressent lui aussi dès la fécondation. La quantité d’hormones et d’inflammations capables de modifier l’évolution de l’œuf et de l’embryon grimpe. Par ailleurs, le surpoids de la maman augmente la probabilité de complications à la naissance.

Dans tous les cas, les deux parents sont susceptibles d’induire des modifications génétiques, cellulaires, métaboliques et physiologiques. Les répercussions de celles-ci durent très longtemps. Cette donnée explique pourquoi, adultes, leurs enfants développent plus de risques de maladies cardiovasculaires, métaboliques, immunitaires et neurologiques.

Au-delà de l’obésité, d’autres facteurs

Pour pallier ces éventualités, Judith Stephenson (University College de Londres), chef de file de l’étude et des publications qui ont suivi, propose des pistes de solutions.
Mais avant, elle tient à préciser qu’il ne s’agit en aucun cas de pointer du doigt les personnes dont le poids dépasse leur indice de masse corporelle (IMC). En effet, des préoccupations similaires se posent à propos de l’alcool, du tabac, et d’autres paramètres.

Il ne s’agit pas de provoquer la peur ou de culpabiliser

Dit-elle, dans une déclaration rapportée par BFM TV.

Préconisations des chercheurs

Aussi, ce que les auteurs de ces papiers soulignent, c’est l’importance de l’hygiène de vie des parents avant la conception de l’enfant. Et donc, dans notre cas, à la qualité de ce avec quoi nous nourrissons nos corps.

C’est pourquoi avec ses collègues, elle estime nécessaire de mettre en place des campagnes d’éducation, de sensibilisation à destination des parents. Avec un accent mis sur la qualité de l’alimentation.

Par ailleurs, son plaidoyer s’étend aux trois phases de préconception, telles que définies par les chercheurs en début d’étude. Pour eux, la prise de conscience serait optimale si elle avait lieu dès l’adolescence.

En particulier pour les filles, car l’impact du legs maternel semble plus fort que celui du père. Les chercheurs invitent donc à mettre en place des directives actualisées autour de la préparation à la grossesse et à la conception.

Publié le vendredi 13 juillet 2018 à 13:33, modifications vendredi 13 juillet 2018 à 11:56

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