Santé

Oeufs contaminés au fipronil en Europe : ce que l’on sait

Alors que les Pays-Bas, l’Allemagne, la Belgique et la Suède ont retiré de la vente des lots d’œufs soupçonnés d’avoir été contaminés par une molécule interdite, le ministère de l’agriculture français a fait savoir samedi qu’il poursuivait son enquête.

C’est un nouveau scandale sanitaire qui trouve ses origines dans la province d’Anvers en Belgique, mais qui éclabousse également l’Europe du Nord. Ce scandale, c’est celui des œufs contaminés au fipronil.

Il s’agit d’un insecticide utilisé dans l’éradication du pou rouge. Il est pourtant interdit dans le traitement des animaux destinés à la chaîne alimentaire

Produits aux Pays-Bas et exportés, en majorité, en Allemagne, les oeufs ont été retirés de la vente car ils présentaient un risque pour la santé de l’homme.

De mesures de précaution en mesures de précautions, nous sommes passés de quelques milliers d’œufs potentiellement contaminés à plusieurs millions devenus toxiques.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

À l’origine de l’affaire, des éleveurs de volailles aux Pays-Bas ont fait appel à la société Chickfriend. Celle-ci spécialisée dans l’éradication du pou rouge (très néfaste pour la poule) a incorporé dans son produit du fipronil, une molécule employée dans les insecticides.

Celle-ci a été utilisée au mépris de la réglementation européenne qui l’interdit dans le traitement des animaux destinés à la chaîne alimentaire.

Ainsi, dès jeudi 3 août des supermarchés néerlandais et allemands ont retiré en masse des œufs contaminés de leurs rayons.

En outre, dans toute l’Allemagne, cela concernerait au moins dix millions d’œufs. Les oeufs touchés sont à la fois conventionnels et biologiques.

Si les autorités sanitaires suédoises, suisses et belges ont fait de même, l’ampleur des dégâts semble de moindre importance.

Le fipronil est considéré comme « modérément toxique » pour l’homme, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Cette molécule est notamment dangereuse pour les reins, le foie et la thyroïde, a indiqué l’organisme néerlandais chargé de la sécurité alimentaire et sanitaire, NVWA.

Selon le journal allemand Spiegel Online, Chickfriend se serait lui-même fourni auprès d’un distributeur belge de produits chimiques.

Son responsable est aujourd’hui dans le viseur des enquêteurs. Dénoncé par d’anciens associés, l’homme est soupçonné d’avoir commandé de grandes quantités de Fiprocid, un médicament pour animaux contenant du fipronil, à une usine roumaine. Il l’aurait ensuite mélangé au Dega-16 avant de le commercialiser.

« La France pas concernée à ce jour»

Selon le ministère de l’Agriculture français, la France a été prévenue de cette contamination par le système d’alerte européen le 20 juillet.

A ce jour la France n’est toujours pas dans la liste des pays concernés par cette contamination. Le ministère n’a pas non plus à ce stade été informé de la distribution du produit incriminé. Ou de produits de volailles contaminés sur notre territoire»,

A indiqué le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, cité par l’AFP.

Les professionnels français des filières concernées sont informés et il leur est demandé de vérifier leur approvisionnement.

A-t-il ajouté en précisant que « le risque lié à la consommation éventuelle de ces produits semble limité ».

Or, selon Le Monde, seul un éleveur du département du Pas-de-Calais s’est signalé aux autorités.

Il a été informé le 28 juillet par un de ses partenaires belges que le produit incriminé « avait potentiellement été utilisé dans son élevage ».

Son élevage a aussitôt été mis sous surveillance.

aucun œuf n’a été mis sur le marché, en attendant le résultat des analyses.

A indiqué le ministère de l’Agriculture.

Publié le dimanche 6 août 2017 à 12:08, modifications dimanche 6 août 2017 à 12:08

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