Santé

Non, il n’existe pas de vulve normale

Une nouvelle preuve de la perfection naturelle du corps féminin: en s’attaquant à l’esthétique de la vulve, des chercheurs ont démontré l’impossibilité d’établir des normes pour cette dernière.

Sans cesse jugé, commenté et analysé, le corps de la femme ne jouit d’aucun répit. Exposé aux yeux de tous, même des moins concernés, le corps féminin souffre sans cesse d’une injonction de perfection. Et ceci, jusque dans la culotte! Mesdames, halte aux complexes: la science prouve une nouvelle fois que votre corps est unique et donc parfait.

A la recherche de la vulve parfaite

Source de complexes pour de nombreuses femme, la vulve est elle aussi sujette à des normes surréalistes: lisse, sans défauts, sans écarts de taille entre les différentes parties… Tout un panel a respecter pour obtenir la “vulve parfaite”.  Aucune trêve donc dans l’oppression du corps de la femme, qui bien souvent se plie sous la méprise.

Entre 2015 et 2016, les opérations de labiaplastie auraient ainsi augmentées de 45% selon la Société Internationale de Chirurgie Plastique Esthétique. Bien que certaines recouvrent un caractère nécessaire, comme la nymphoplastie visant à réduire la taille des lèvres afin de résoudre des problèmes de douleur, d’autres répondent uniquement à un intérêt esthétique. Des professionnels évoquent même des opérations “dès l’âge de 9 ans“. L’agence de santé anglaise dénonce elle plus de 200 jeunes filles mineures qui auraient entrepris ce type d’opération entre 2015 et 2016. Parmi elles, environ 150 auraient moins de 15 ans.

Jillian Lloyd, auteur, note cette exigence esthétique du sexe féminin, bien souvent lié à l’incompréhension de ce dernier:

Bien que les représentations de la nudité féminine soient courantes, les représentations précises et détaillées des organes féminins sont rares. […] à travers la pornographie, les femmes et leurs partenaires sexuels sont de plus en plus exposés à des images idéalisées et hautement sélectives de l’anatomie génitale féminine.

Aucun modèle de vulve possible

Petites lèvres, grandes lèvres ou clitoris n’ont en effet aucune norme qui s’appliquent à eux: c’est ce que révèlent les chercheurs de l’étude parue dans le Journal of obstetrics and gynaecology. Après avoir constaté une hausse des opérations de labiaplastie, les chercheurs de l’hôpital Lucerne Cantonal (Suisse) ont passé en revue l’anatomie de 657 femmes caucasiennes âgées de 15 à 84 ans. La conclusion est sans appel: il n’existe pas de modèle parfait pour la vulve.

Après mesures des divers organes, en passant par le clitoris et sa distance avec l’entrée de l’urètre jusqu’à la mesure de la largeur des lèvres, les scientifiques ont démontré l’impossibilité de fixer une norme. La taille, forme ou encore couleur varient selon les femmes. Ainsi, la taille des petites lèvres a variée entre 0,25 cm et 7,5 cm. Anne Kreklau, auteur principale de l’étude, note également le fait que l’apparence de la vulve évolue au cours de la vie d’une femme. Le clitoris, lui aussi, est unique selon la femme: la taille varie entre 0,5 pour les plus petits et 3,4 centimètres pour les plus grands.

Les chercheurs, qui pensaient pouvoir “établir un modèle pour l’apparence normale d’une vulve caucasienne” ont donc du admettre, à la vue des chiffres, que celle-ci n’existe pas. Une nouvelle preuve scientifique de l’illusion des standards esthétiques!

 

 

Publié le mercredi 4 juillet 2018 à 10:40, modifications mercredi 4 juillet 2018 à 9:12

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