Santé

L’ibuprofène potentiellement nocif pour la fertilité masculine

Selon une étude franco-danoise, la prise à haute dose d’ibuprofène peut provoquer un dérèglement important dans le fonctionnement des testicules. 

D’après l’Agence nationale de sûreté du médicament, il s’agit du médicament le plus consommé en France après le paracétamol. Pourtant, l’ibuprofène, un antalgique anti-inflammatoire utilisé pour apaiser notamment les maux de tête, de dents, les douleurs chroniques, les états grippaux ou encore la fièvre, et accessible en vente libre, peut s’avérer nocif pour la fertilité masculine. Ce sont les résultats avancés dans une étude menée auprès de sportifs. Elle a été publiée par la revue américaine Proceedings of the national academy of sciences, lundi 8 janvier.

L’étude, financée par l’Agence nationale de sûreté du médicament, a été menée par l’Irset de Rennes en collaboration avec le CHU de Rennes, accompagnés par le laboratoire d’étude des résidus et contaminants dans les aliments de Nantes ainsi qu’une équipe danoise.

Dérèglement des testicules

Attention à la prise soutenue d’ibuprofène chez l’homme.

Ont ainsi conclu des chercheurs français (de l’Inserm) et danois, qui ont examiné 31 sportifs âgés de 18 à 35 ans. L’ibuprofène est un anti-inflammatoire non stéroïdien en vente libre dans de nombreux pays, sous de nombreuses appellations dont Advil, Antarène ou Nurofen. Il est prisé de nombreux sportifs, qui cherchent dans cette substance autorisée un effet antidouleur. Mais il peut être nécessaire pour certains patients comme les arthritiques.

14 des hommes suivis dans l’étude ont pris ce médicament quotidiennement, et les 17 autres ont reçu un placebo.

La prise prolongée à des doses importantes d’ibuprofène (1200 mg/jour pendant six semaines) exerce chez les jeunes hommes des effets perturbateurs endocriniens sévères. Conduisant à un état appelé ‘hypogonadisme compensé.

Ont affirmé les chercheurs dans un communiqué de l’Inserm. Ils ont expliqué que « l’hypogonadisme compensé » est un dérèglement dans le fonctionnement des testicules. En clair, il s’agit d’un déficit en testostérone qui est contrebalancé par la suractivité d’autres hormones venues de l’hypophyse située à l’intérieur du crâne.

Ne pas alarmer les populations

Le but n’est pas d’alarmer la population. Il est de dire que des hommes jeunes, qui prennent beaucoup d’ibuprofène sur de longues périodes. Méritent de savoir que cela provoque des déséquilibres hormonaux.

Ont nuancé les chercheurs, avant d’ajouter :

Les bénéfices, par exemple pour un marathonien qui va en prendre avant et après l’épreuve, ne sont pas prouvés sur la performance. Ni sur la résistance à la douleur. En revanche, les risques pour sa santé sont avérés.

L’étude laisse toutefois quelques questions importantes en suspens. Ainsi, l’effet persiste-t-il si la prise d’ibuprofène s’arrête ? Et chez un sujet sain et jeune, l’ibuprofène perturbe-t-il sur le long terme la production de spermatozoïdes ?

Par ailleurs, un professeur britannique d’andrologie cité par Science Media Centre, Allan Pacey, a estimé que si l’étude avait des bien mérites, le lien avec une potentielle baisse de la fertilité restait « actuellement de l’ordre de la spéculation ».

Publié le mercredi 10 janvier 2018 à 9:46, modifications mercredi 10 janvier 2018 à 9:07

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