Santé

Levothyrox : Bataille sur le nombre de patients qui ont abandonné le médicament

Dans l’affaire du Levothyrox, l’association Vivre sans thyroïde a dénoncé « une crise sanitaire dont les autorités n’auraient pas encore pris la mesure ».

Le Levothyrox aurait perdu 31% du marché des produits à base de levothyroxine, soit un tiers des 3 millions de patients concernés, d’après l’association Vivre sans Thyroïde. Ces patients sont majoritairement retournés à l’ancienne formule, qui représente environ 20% de part de marché. En France, près de trois millions de personnes en France sont traitées pour hypothyroïdie.

La nouvelle formule du Levothyrox, lancée il y a environ un an, avait été réclamée par l’ANSM au laboratoire allemand Merck en 2012 afin, selon elle, de rendre le produit plus stable dans le temps. Toutefois, certains patients se sont rapidement plaints d’effets secondaires. Face à leur colère, les autorités de santé ont tâché de mettre à disposition d’autres traitements, alors que le Levothyrox était en situation de quasi-monopole. En outre, l’ancienne formule du médicament avait été remise sur le marché.

Bataille des chiffres

Ainsi, un an plus tard, l’association Vivre sans thyroïde a annoncé ce jeudi 8 mars qu’un million de Français malades de la thyroïde ont abandonné le médicament au quatrième trimestre de 2017.

Pour obtenir cette estimation, l’association a dépouillé une vaste base statistique, publiée au début de février par l’Assurance-maladie, sur les volumes de tous les médicaments remboursés.

Ces chiffres sont en contradiction complète avec les affirmations officielles des pouvoirs publics. Ils assurent encore aujourd’hui que ce n’est pas une crise sanitaire.

Avait ainsi dénoncé l’association.

Pourtant, le laboratoire Merck répliquait que son estimation était « une baisse comprise entre 10% et 12% tant pour le nombre de boîtes vendues que pour la part de marché patients sous Levothyrox ». Pour trancher, l’ Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et la Direction générale de la Santé (DGS) ont estimé après analyse des bases de données de l’Assurance-maladie que ce sont 500.000 patients se sont tournés vers des alternatives à la nouvelle formule du Levothyrox.

En fait, cette différence de données provient d’interprétations divergentes de cette même base statistique, publiée par l’Assurance maladie.

Les autorités ne font en fait référence qu’aux 17 000 malades. Ayant rempli avant fin novembre 2017 des procédures complexes de signalement en pharmacovigilance. Et non à ceux (un million au moins) qui n’ont pas supporté la nouvelle formule. Et ont changé de traitement sous supervision médicale.

A objecté Vivre sans thyroïde à l’annonce du ministère de la Santé.

Bataille judiciaire

Des patients mécontents ont entamé plusieurs procédures en justice. Le volet pénal du dossier a franchi une nouvelle étape lundi avec la désignation d’un juge d’instruction à Marseille. Par ailleurs, le pôle de santé publique du tribunal de grande instance a une compétence qui s’étend jusqu’à Lyon. Région où est basée le siège français du laboratoire Merck. Il enquête donc sur les 7.000 plaintes déposées. Une information judiciaire contre X a été ouverte pour tromperie aggravée, blessures involontaires et mise en danger d’autrui.

Publié le vendredi 9 mars 2018 à 13:43, modifications vendredi 9 mars 2018 à 11:59

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