Santé

Les rides sur votre front en disent long sur votre santé cardiovasculaire

Les rides du front seraient un indicateur de santé cardiovasculaire d’après une nouvelle étude.

La profondeur des rides du front serait liée à un risque accru de contracter des maladies cardiovasculaires mortelles. C’est l’hypothèse émise lors du congrès européen de cardiologie, par des scientifiques ayant mené une expérience récente. Il faut toutefois prendre ce résultat avec des pincettes.

L’apparence extérieure : un indicateur de santé ?

Comme le définit l’Organisation Mondiale de la Santé, les maladies cardiovasculaires sont des affections qui concernent le cœurs et les vaisseaux sanguins qui l’irriguent. Les AVC et les infarctus font donc partie de ce spectre de maladies directement responsables chaque année de 17,7 millions de décès, soit près de 31% de la mortalité mondiale d’après l’OMS. Or, des facteurs préventifs existent pour enrayer ces affections graves, comme une meilleure alimentation, l’absence de consommation de tabac ou d’alcool ou encore la pratique d’une activité physique régulière.

Ce n’est pas la première fois que le lien entre l’apparence extérieure et les maladies cardiovasculaires est évoqué. En effet, la présence de cheveux gris ainsi que d’autres signes physiques souvent cités dans ce cadre, comme dans une publication de 2016 qui a mis en évidence ce facteur ainsi que la calvitie ou encore l’apparence des yeux et des oreilles dans le développement de ces maladies, de façon indépendante de l’âge ou du sexe des sujets. Il faut toutefois être prudent avec ces résultats, qui ne sont pour l’instant validés que par des preuves limitées. 

Les rides du front seraient un indicateur pertinent

Une équipe toulousaine issue de l’Inserm a tenté d’évaluer la pertinence de cet indicateur en étudiant le lien entre la profondeur des rides du front et le risque de développer des maladies cardiovasculaires. Pour cela, les chercheurs ont analysé les rides de 3221 volontaires âgés de 32, 42, 52 et 62 ans au moment de l’étude. Elles ont été analysées et classées en fonction de leur profondeur, et les volontaires ont été observés pendant 20 ans.

Pendant le déroulement de cette étude, 7% des personnes étudiées (soit 233 participants) sont décédées. Parmi ces personnes, la nature du décès n’était pas liée à l’apparence de leurs rides, par rapport à d’autres facteurs déterminants comme l’âge, le sexe ou l’état de santé général. Toutefois, en s’intéressant seulement aux personnes décédées de maladies cardiovasculaires, le lien avec la profondeur des rides du front a pu être établi, et ce en prenant également en compte le sexe, le tabagisme, le rythme cardiaque, l’éducation, la pression artérielle systolique, le diabète ou encore la dyslipidémie.

Les scientifiques ont ensuite émis 2 hypothèses pour expliquer cette corrélation entre la profondeur des rides et la mortalité cardiovasculaire. Tout d’abord, le mécanisme lié à la formation des rides est très similaire à celui qui provoque l’obstruction des artères, comme un manque d’oxygénation ou encore une altération de certaines protéines essentielles. La deuxième hypothèse prétend que la peau et les vaisseaux sanguins du front sont particulièrement sensibles à l’état de santé cardiovasculaire général.

Une hypothèse à prendre avec prudence

Les résultats de cette expérience n’ont pas encore été publiés sous la forme d’une étude et n’ont donc pas encore été validés par la communauté scientifique. Il faut donc les prendre avec des pincettes. En outre, la population étudiée n’est composée que de 233 personnes décédées, et il y a donc de fortes chances pour que cet échantillon statistique ne soit pas jugé assez fiable. La plupart des autres études validées sur la santé cardiovasculaire portaient sur des milliers des personnes au minimum, afin d’apporter des éléments de preuve décisifs.

Cette expérience a toutefois le mérite d’investiguer l’hypothèse d’un lien solide entre les signes extérieurs de vieillissement et le risque de développer des maladies cardiovasculaires. Cela pourrait peut-être un jour mener à une meilleure identification des personnes à risque, d’autant que l’examen de ces signes extérieurs est beaucoup plus aisé que les analyses actuellement en vigueur pour ce genre de maladies.

Cela pourra peut-être un jour permettre de mettre au point des systèmes de détection performants, afin de traiter les personnes à risque avec des modifications plus pertinentes de leur rythme alimentaire, de leur consommation de tabac ou d’alcool, ou de la fréquence de leur activité physique par exemple.

Publié le vendredi 31 août 2018 à 17:15, modifications vendredi 31 août 2018 à 15:05

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