Santé

Les longues études seraient un remède efficace contre la démence

La stimulation intellectuelle liée à des études longue est un excellent moyen de lutter contre le développement de la démence.

D’après une nouvelle étude française, les études supérieures les plus longues favoriseraient la “réserve cognitive” du cerveau, très utile pour lutter contre la démence liée à un âge avancé.

La démence, un phénomène de plus en plus présent

D’après une nouvelle étude issue de l’Inserm et publiée dans la revue American Journal of Epidemiology, faire de longues études permet de ralentir la dégénérescence cérébrale liée à la vieillesse. L’augmentation globale du niveau d’étude de la population française permet d’ailleurs d’expliquer la réduction du taux de personnes âgées atteintes de démence ces dernières années, même si le phénomène a tendance à s’accroître avec le vieillissement accéléré de notre société. C’est ce qu’affirme en effet l’Inserm dans un récent communiqué autour de cette étude fascinante.

Pour l’Inserm, qui cite plusieurs chiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les cas de démence dans le monde vont quasiment tripler dans les 30 prochaines années en passant de 50 à 131,5 millions de personnes. Parmi les affections qui entrent dans le cadre de la démence, les 3/4 sont représentés par la maladie d’Alzheimer. De façon plus large, la démence est une altération durable et profonde des fonctions cognitives, qui affecte tous les aspects de la vie.

Les scientifiques réfléchissent donc légitimement à des moyens d’enrayer ce phénomène à première vue inéluctable, notamment en essayant d’identifier les principaux facteurs d’amélioration. Parmi eux, on peut citer le meilleur traitement des maladies cardiovasculaires, un meilleur mode de vie ou encore une stimulation intellectuelle durable plus présente que par le passé, et qui passe par un niveau d’étude plus important.

Vive les études !

Pour essayer de comprendre l’importance des études supérieures dans la lutte contre la démence, les chercheurs ont étudié l’évolution de 1425 français sur une période de 10 ans, entre l’âge de 78 et de 88 ans. Ils ont été séparés en deux générations : ceux nés entre 1903 et 1912, et ceux nés entre 1913 et 1922. Ces derniers ont ensuite été soumis à des tests cognitives poussés tous les 2 ou 3 ans pour évaluer leurs aptitudes cognitives.

Les scientifiques se sont ainsi rendus compte que la deuxième génération (la plus jeune des deux), présentaient de bien meilleurs scores que la première à tous les tests cognitifs. Et la cause de cette disparité étrange a été attribuée en grande partie à un bien meilleur niveau d’étude, puisque le nombre de diplômés est deux fois supérieurs dans la deuxième génération (31,4% contre 18,2%). Ces derniers ont également eu un métier plus stimulant intellectuellement, ainsi que des meilleurs traitements pour lutter contre les maladies liées à la tension ou au cholestérol.

En ce qui concerne l’autonomie, alors que les deux générations partaient sur un pied d’égalité au début de l’étude, l’écart entre les deux s’est creusé, toujours de la même manière. Encore une fois, c’est le niveau de stimulation cognitive plus élevé qui permet d’expliquer ce fossé. Sur tous les plans, les hypothèses des scientifiques ont donc été validées par cette étude de longue durée.

Il faut toutefois relever une exception : le critère de la mémoire de travail ne semble pas être lié à ces facteurs, ce qui vient tempérer les conclusions de cette étude passionnante. D’autres causes sont donc à considérer dans la lutte contre la démence, comme une socialisation importante à toutes les étapes de la vie, comme l’a montré l’étude sur le bonheur de l’université d’Harvard.

Tous égaux une fois la maladie installée

L’étude n’a toutefois pas permis de prouver un écart significatif dans la vitesse du déclin cognitif une fois la maladie déclarée. Les participants semblent donc tous égaux face à elle. Cela rend d’autant plus vital le fait de reculer le plus possible l’âge à laquelle ces maladies se déclarent.

Grâce à cette étude, on sait désormais qu’une bonne stimulation neuronale, intimement liée à un niveau d’étude satisfaisant, permet de lutter contre tous les types de déclin cognitifs observés au troisième âge et de favoriser une meilleure autonomie de ces personnes. C’est le message que souhaite faire passer Leslie Grasset, principale auteure de l’étude, aux nouvelles générations.

Publié le vendredi 31 août 2018 à 16:03, modifications vendredi 31 août 2018 à 15:01

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