Santé

Les drogues psychédéliques pour guérir la dépression ?

Les drogues psychédéliques bénéficient d’un crédit de plus en plus important au sein de la communauté scientifique pour leur efficacité dans le traitement de la dépression.

Ce n’est pas la première fois que le potentiel thérapeutique des drogues psychédéliques est étudié. Mais des chercheurs californiens ont fait un nouveau pas en avant en déterminant avec une plus grande précision leur impact sur le cerveau dans une étude publiée ans la revue Cell Reports. Leur conclusion est particulièrement intéressante : les hallucinogènes pourraient en effet devenir un traitement de choix pour lutter contre la dépression.

Une expérience menée sur des animaux

L’équipe de chercheurs californiens s’est penchés sur 3 drogues psychédéliques particulièrement puissantes pour élaborer leur étude : le LSD, le DOM et la DMT. Pour mener leur expérience, ces derniers ont administré ces différentes drogues à plusieurs animaux : des mouches, des poissons et des souris. Puis, ils ont analysé leur cerveau en tenant de déterminer les changements provoqués par l’expérience psychédélique.

Au terme de leur étude, les chercheurs se sont rendus compte que les la DMT, le DOM et le LSD permettent d’accroître les ramifications dendritiques, la zone située à l’extrémité des neurones qui leur permet de communiquer avec les autres parties du cerveaux. Les dendrites sont également devenus plus grosses, et les scientifiques ont remarqué une augmentation de l’activité du cortex préfrontal pendant l’expérience. 

Un effet potentiellement antidépresseur

Cela fait plusieurs années que le potentiel antidépresseur de ces drogues est étudié, mais on ignorait jusqu’à présent leur mécanisme d’action exact sur le cerveau. Cette expérience permet donc d’en savoir un peu plus à ce sujet. Or, on sait que le cortex préfrontal, particulièrement activé lors d’un trip psychédélique d’après cette étude, présente un fonctionnement restreint chez les patients atteints de dépression. C’est donc un pas de plus pour comprendre les effets antidépresseurs de ces molécules puissantes.

Ces drogues représentent ainsi une alternative crédible à la kétamine, dont le potentiel thérapeutique pour traiter la dépression a déjà été prouvé. Cette étude contribue donc à ouvrir une nouvelle voie pour les chimistes, en quête d’un traitement efficace pour lutter contre la dépression. C’est le but que s’est d’ailleurs fixé l’équipe de chercheurs californiens : trouver de nouvelles molécules dont la structure mime celle des drogues psychédélique afin de cibler les zones du cortex préfrontal impliquées dans le développement de la dépression.

Publié le jeudi 23 août 2018 à 12:27, modifications jeudi 23 août 2018 à 10:36

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