Santé

Le tabac et l’alcool font directement perdre 255 millions d’années de vie chaque année

Cette étude alarmante sur les dangers du tabac et de l’alcool confirme que ces deux drogues sont de loin les plus nocives pour l’humanité.

C’est désormais un fait largement connu : le tabac et l’alcool sont les deux causes les plus importantes de cancer à travers le monde, à tel point qu’on estime que plus de 40% des cas pourraient être évités en limitant notre consommation. C’est ce que confirme le dernier rapport paru dans la revue Addiction : ces deux “drogues douces” sont bien les plus meurtrières à l’échelle mondiale.

Un bilan accablant

Pour réaliser cette étude, 17 chercheurs issus de plusieurs universités à travers le monde comme l’UCL à Londres, l’université de Nouvelle-Galles-du-Sud en Australie ou encore celle de Bristol au Royaume-Uni ont analysé les données présentées dans le rapport annuel contre la drogue de l’Organisation Mondiale de la Santé paru en 2015. Ils en ont tiré une analyse statistique accablante sur les effets du tabac et de l’alcool sur la santé.

D’après cette étude alarmante, la proportion de maladies directement liées à la consommation d’alcool dans la population mondiale est de 18,3%. Un chiffre hallucinant, qui fait de l’alcool la substance la plus nocive de très loin, suivie par le tabac avec 15,2% des cas. Le cannabis, qui pointe à 3,8%, ainsi que les amphétamines (0,77%), les opioïdes (0,37%) ou encore la cocaïne (0,35%) sont donc très loin derrière. La diabolisation des drogues illicites ne doit donc pas faire oublier aux autorités l’immense danger que représente l’abus des drogues que l’on continue de qualifier de “douces”.

Et les dégâts en termes de vies humaines sont considérables. En effet, l’indicateur DALY, qui signifie “années de vie ajustées sur l’incapacité” et permet d’estimer le nombre d’années de vie en bonne santé perdues, donne le tournis en ce qui concerne l’alcool et le tabac. Ainsi, chaque année, ce sont 170,9 millions d’années de vie en bonne santé qui sont perdues à cause du tabac, 85 millions à cause de l’alcool, et 27,8 pour les autres drogues. Des chiffres hallucinants. Si l’on fait la somme pour le tabac et l’alcool, on arrive à une conclusion terrible : ces substances coûtent 1/4 de milliards d’années de vie à l’humanité chaque année, et le chiffre ne cesse d’augmenter.

Une géographie inégale de la consommation de drogues

L’Europe détient le record mondial de consommation d’alcool par habitant, avec 11,61 litres par an en moyenne pour l’Europe centrale, 11,98 pour l’Europe orientale et 11,09 pour l’Europe occidentale. Le tabagisme y est également le plus présent par rapport au reste du monde, ce qui n’est toutefois pas le cas des drogues illicites.

En effet, d’après cette étude, seulement 1 personne sur 20 a consommé du cannabis dans l’année, et c’est encore beaucoup plus faible pour des drogues pour la cocaïne ou encore les amphétamines et les opiacés. En revanche, les Etats-Unis et le Canada s’affirment comme les recordmen du monde en la matière, avec de loin les taux de dépendance au cannabis, à la cocaïne et aux opiacés les plus élevés.

D’autres régions plus pauvres ont beaucoup moins de données sur les habitudes de consommation de leur population. En effet, ces pays ont souvent peu de structures de prise en charge ainsi que des politiques de répression très sévères concernant le trafic de drogue. Il s’agit de pays particulièrement à risque qui risquent d’être davantage exposés aux risques liés à la prise de drogue dans les prochaines années. 

Les scientifiques sont surpris

L’ampleur du problème de la drogue n’a pas particulièrement pris les chercheurs au dépourvu, puisque ces derniers observent cette tendance depuis de nombreuses années déjà. En revanche, ils ont été surpris par la disproportion impressionnante entre la mortalité liée au tabac et à l’alcool et celle des autres drogues illégales.

D’après Robert West, l’un des auteurs de cette étude, cette étude doit nous faire prendre conscience de l’ampleur du problème, notamment en Occident. Pour cela, les gouvernements doivent prendre des mesures fortes et accepter d’affronter le problème en face, au lieu de passer autant de temps à diaboliser les autres drogues. Mais un gros travail de pédagogie reste à faire, étant donné que l’alcool reste encore profondément ancré dans le “folklore” de nombreux pays, y compris en France. 

Publié le jeudi 23 août 2018 à 14:11, modifications jeudi 23 août 2018 à 15:29

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !