Santé

Le retour de la rougeole : un problème majeur de santé publique ?

Cette recrudescence des cas de rougeole inquiète de plus en plus les autorités.

Le vendredi 6 juillet 2018, une jeune fille de 17 ans est morte à Bordeaux à cause de la rougeole. Il s’agit de la troisième personne décédée des suites de complications liées à  cette maladie cette année. Cette dernière connaît malheureusement une nouvelle montée en puissance ces derniers temps, avec près de 2500 cas recensés en France depuis le mois de novembre 2017.

Un phénomène préoccupant

La rougeole est une maladie concernant d’habitude les enfants, mais elle touche de plus en plus d’adultes ces derniers temps, dans le cadre d’une véritable épidémie qui inquiète les médecins. En effet, 2567 cas ont été recensés en tout dans 84 départements différents, et aucun d’entre eux ne présentent le taux de vaccination minimum pour venir à bout de cette maladie.

Beaucoup pensent que la rougeole est une maladie sans gravité, mais c’est une idée reçue complètement fausse. En effet, ce virus très virulent peut causer des complications très sérieuses, comme des inflammations du cerveau (encéphalite aiguë), ainsi que des infections des poumons  (pneumopathie) et peut même parfois rendre les malades aveugles. Ainsi, 10 personnes sont mortes lors de la dernière épidémie, qui a eu lieu entre 2008 et 2012, dont 3 auraient pu être vaccinées, mais ne l’ont pas fait. Les 7 autres présentaient des contrindications, mais leur mort aurait pu être évitée si la couverture vaccinale générale avait été optimale.

Le virus de la rougeole se transmet d’abord par voie aérienne, à travers des éternuemenst par exemple. Il peut rester dans l’air près de 2 heures après avoir été expulsé. La contamination est maximale un jour avec l’apparition des premiers symptômes, et continue 5 jours après. En outre, on estime qu’une seule personne malade peut en contaminer de 15 à 20 autres avec le virus.

Une baisse de la couverture vaccinale

En France, le taux de couverture moyen pour le vaccin rougeole-oreillons-rubéole est juste au-dessus de 80%, c’est donc encore loin des 95% nécessaire pour venir à bout de la maladie. Mais si l’efficacité du vaccin a été prouvée, comment expliquer qu’une part de plus en plus importante de la population soit devenu très méfiante à ce sujet ?

Cela peut s’expliquer par la persistance de l’idée (fausse) selon laquelle ce vaccin serait lié au développement de l’autisme chez les jeunes enfants. En effet, une étude scientifique parue dans la revue The Lancet en 1998 avait établi un lien entre les deux phénomènes, avant d’être contredite officiellement par plusieurs contre-expertises. La revue s’est ensuite elle-même rétractée par rapport à cette publication controversée, en relevant des erreurs méthodologiques importantes. Mais cela n’a pas empêché cette fausse croyance de continuer de se répandre.

Ainsi, en 2016, 41% des Français affirmaient qu’ils ne faisaient pas confiance aux vaccins, une défiance généralisée qui place la France parmi les pires pays du monde sur ce sujet. En octobre 2017, une autre étude a montré que 3/4 des Français étaient favorables à la vaccination, ce qui est toujours insuffisant, puisque leur nombre était de 90% en 2000.

Une réaction des pouvoirs publics

La rougeole est devenue un sujet de préoccupation majeur pour les autorités françaises. Ainsi, la ministre de la santé Agnès Buzyn avait exprimé sa volonté de venir à bout des campagnes anti-vaccins lors d’une conférence de presse tenue le 5 janvier 2018. Et des mesures drastiques ont été prises dans ce sens. Ainsi, depuis le 1er janvier, les enfants non vaccinés ne sont plus autorisés à se rendre à la crèche ou à l’école.

Tous les enfants devront donc se faire vacciner avec une première dose à 12 mois, contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. Puis, une seconde dose doit leur être administrée entre 16 et 18 mois. Enfin, pour les autres personnes nées après 1980, un rattrapage de vaccination peut être effectué. Il faut également noter que le vaccin peut être administré dans les 72 heures suivant le contact avec un malade, avec une grande efficacité. 

La France n’est pas un cas isolé sur cette question en Europe. En effet, des pays comme la Roumanie (3000 cas recensés dernièrement et 18 morts) ou encore la Grèce (2000 cas) et l’Italie (1000 cas) souffrent également d’une résurgence de cette maladie.

Publié le dimanche 8 juillet 2018 à 10:39, modifications lundi 9 juillet 2018 à 11:41

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