Santé

La maladie de Parkinson pourrait trouver ses origines dans l’appendice

Si la maladie de Parkinson a longtemps été considérée comme une maladie du cerveau, plusieurs travaux récents ont pointé le rôle de l’appareil digestif.

Une nouvelle étude américaine publiée mercredi 31 octobre dans la revue Science Translational Medicine, a mis en évidence que les personnes ayant subi une appendicectomie ont près de 20% de risque en moins de développer la maladie de Parkinson. Cela suggère un lien étroit entre le système digestif et le développement de maladies neurodégénératives

La maladie de Parkinson touche à peu près 200.000 personnes en France. Chaque année on dénombre environ 8.000 nouveaux cas sur le territoire. En outre, elle est la deuxième maladie neurodégénérative après Alzheimer avec plus d’un million de malades en Europe.

L’appendice : réservoir à toxines

Ainsi, cette étude américaine a été menée auprès d’une large population. En effet, l’étude a suivi 1,7 millions de Suédois pendant 50 ans. Selon les auteurs de cette nouvelle découverte, l’appendice jouerait le rôle de déclencheur de cette maladie cérébrale. Or, l’ablation de cette petite excroissance située au niveau du gros intestin permettrait de diminuer le risque de développer Parkinson de 20%. Cela est particulièrement vrai pour les personnes résidant en zones rurales. En effet, chez eux, ce risque est même réduit de 25%. Tandis qu’aucune diminution similaire n’a été constatée chez les Suédois vivant dans les zones urbaines. Par ailleurs, l’ablation de l’appendice est liée à une apparition plus tardive de trois ans et demi en moyenne de la maladie.

Nos travaux suggèrent que l’appendice pourrait jouer un rôle dans le début de la maladie de Parkinson.

A expliqué Viviane Labrie, de l’Institut de recherche Van Andel dans le Michigan, lors d’une conférence téléphonique avec la presse mardi 30 octobre.

Pour les neuroscientifiques, auteurs de ces travaux, cela est dû au rôle spécifique joué par l’appendice. Réservoir de notre microbiote intestinal, il aurait aussi la particularité de stocker une protéine-clé dans le déclenchement de la maladie de Parkinson. Il s’agit de la protéine alpha-synucléine. En formant des agrégats, cela détruit progressivement les cellules nerveuses.

Bien que sa réputation soit en grande partie d’être ‘inutile’, l’appendice joue en réalité un rôle majeur dans notre système immunitaire. Dans la régulation de la composition de nos bactéries intestinales. Et maintenant, comme le montre notre travail, dans l’apparition de la maladie de Parkinson.

A précisé Viviane Labrie.

Le rôle des pesticides

Enfin, pour les chercheurs, le risque diminué de 25% chez les Suédois vivant en zone rurale met en lumière le rôle joué par les pesticides dans le déclenchement de cette maladie neurologique.

Cette recherche conforte deux hypothèses :

  • la maladie de Parkinson débuterait tôt dans le tube digestif,
  • et les facteurs environnementaux, comme l’exposition aux pesticides, ont un rôle dans l’apparition de la pathologie chez les personnes prédisposées génétiquement.
Publié le lundi 5 novembre 2018 à 8:08, modifications lundi 5 novembre 2018 à 8:08

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !