Santé

La fertilité des Français est en baisse constante depuis plusieurs décennies

L’agence Santé Publique France se base sur des chiffres très inquiétant pour justifier son constat d’une baisse catastrophique de la fertilité des Français.

D’après un rapport de l’agence Santé Publique France, la fertilité des français est en baisse constante depuis des années maintenant. Les raisons invoquées pour expliquer ce phénomène sont d’abord environnementales. Parmi elles, on peut citer le rôle des perturbateurs endocriniens, considérés comme les premiers suspects de cette catastrophe annoncée.

Baisse de fertilité et problèmes de santé

D’après l’agence Santé Publique France, la santé reproductive des Français n’a cessé de se dégrader depuis plusieurs décennies. C’est en tout cas la conclusion qu’elle tire de son rapport hebdomadaire paru ce mardi 3 juillet 2018. En effet, on peut y lire qu’entre 1989 et 2005, la concentration de spermatozoïdes dans le sperme des hommes s’est réduite d’un tiers, tandis que les cas de puberté précoce et de cancer des organes reproducteurs grimpent en flèche.

Pour élaborer cette analyse, l’agence s’est intéressée à 4 indicateurs, liés à des problèmes testiculaires. Il s’agit d’abord de 2 malformations congénitales, puis du cancer des testicules et enfin d’une concentration faible de spermatozoïdes dans le sperme. Or, la France est touchée par 3 de ces phénomènes dangereux.

En ce qui concerne la qualité du sperme, la concentration en spermatozoïdes baisse de façon linéaire depuis des décennies, au rythme de 1,9% par an. Sur 15 ans, cela représente une baisse de 32,2%, soit près d’1/3 ! En outre, les spermatozoïdes malformés sont de plus en plus nombreux dans le sperme des Français. Et ce problème est loin de ne concerner que la France, puisque la moyenne annuelle dans les pays occidentaux laisse entrevoir une diminution du taux de spermatozoïdes de près de 1,4%. Enfin, plusieurs études tendent à montrer que ce phénomène est déjà à l’oeuvre depuis les années 1970.

L’incidence du cancer des testicules a également eu tendance à augmenter de façon très nette depuis plus d’une décennie. Ainsi, entre 1998 et 2014, les chercheurs ont remarqué une augmentation de 1,5% par an des cas en France, le plus souvent chez des patients âgés de 20 à 40 ans. On ne sait toutefois pas encore expliquer ce phénomène très inquiétant.

La faute aux perturbateurs endocriniens ?

Les cas de malformation des testicules deviennent de plus en plus nombreux en France, comme en témoigne l’augmentation moyenne de 2,6% par ans des cryptorchidies en France, ou absence d’un testicule sur deux. Et la cause de cette anomalie est désormais bien identifiée : elle est en effet le résultat d’une carence en hormone lors de l’évolution du foetus. Celle-ci serait ainsi due à une exposition à des perturbateurs endocriniens pendant la grossesse, mais également dans les générations précédentes. En effet, des cas de mutations génétiques transmissibles ont été observés pour expliquer ce phénomènes, notamment à cause de l’effet délétère de substances comme le DDT ou les dioxines. 

Mais outre ces malformations, la puberté précoce devient également un phénomène récurrent dans plusieurs régions françaises. Celle-ci se manifeste par des signes d’apparition de la puberté avant 8 ans chez les filles et 9 ans chez les garçons. Et cette maladie est loin d’être sans conséquence sur la santé des malades. En effet, de nombreuses études ont montré que ces derniers présentaient des risques accrus de cancer des parties génitales, de maladies mentales et cardiovasculaires.

Ce problème touche 10 fois plus les filles que les garçons, et sa répartition géographique est clairement disproportionnée. Ainsi, la région Midi-Pyrénées et celle du Rhône sont beaucoup plus touchées que les autres, pour des raisons que l’on ignore encore.

Des facteurs environnementaux identifiés

Si l’exposition aux perturbateurs endocriniens est une cause bien identifiée pour les problèmes de fertilité, d’autant que leur concentration n’a cessé d’augmenter depuis les années 1950, d’autres facteurs de risques sont aussi responsables. En effet, le tabagisme, la mauvaise nutrition, la pollution ou encore l’anxiété sont évoquées par de nombreux chercheurs. 

Des études plus approfondies devront toutefois être menés pour identifier formellement un lien causal entre ces facteurs et la baisse de fertilité. C’est nécessaire non seulement pour mieux comprendre ce phénomène, mais également pour tenter d’y remédier, à travers des traitements, mais également des mesures pour interdire les perturbateurs endocriniens et punir les industries trop polluantes. 

Publié le mercredi 4 juillet 2018 à 17:29, modifications mercredi 4 juillet 2018 à 14:30

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