Santé

IVG : l’accès au droit reste encore compliqué

Selon le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE), l’accès à l’IVG pourrait être réellement amélioré. Malgré les progrès engagés, il reste du chemin à parcourir pour que toute femme puisse pleinement recourir à ce droit.

Le Haut Conseil à l’égalité entre les hommes et les femmes (HCE) a réalisé un bilan de recommandations qu’il avait formulées en 2013. En question : l’accès à l’IVG. Sur les 35 recommandations données, 26 ont été mises en œuvre, totalement ou partiellement. Mais 9 sont restées sans suite.

Tout d’abord, il y a la clause de conscience des médecins spécifique à l’IVG. Elle vient s’ajouter alors même que les médecins ont déjà une clause de conscience pour l’ensemble de leurs actes médicaux. Cette clause “double emploi” n’a pourtant pas été supprimée, révèle le HCE.

Un grand coup de projecteur sur l’avortement, comme un acte à part

Pour le Dr Philippe Faucher, gynécologue-obstétricien, interrogée par la rédaction du Magazine de la santé :

Tout médecin, en dehors du cadre de l’urgence, peut refuser de pratiquer un acte pour des raisons personnelles et professionnelles. Pour la clause de conscience spécifique à l’IVG, c’est la même chose, mais appliqué à l’avortement : un médecin peut refuser de pratiquer une IVG. Cela porte encore un coup de projecteur sur l’avortement, comme un acte à part de tous les autres actes de soin.

Plus de 130 centres IVG fermés en 10 ans

France Info explique également que le HCE demande “un moratoire” sur la fermeture des centres IVG. En effet, plus de 130 ont été fermés entre 2001 et 2011. Or, le Haut Conseil à l’égalité souhaiterait davantage développer une “offre de proximité“, en accordant aux Centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) et aux maisons médicales pluridisciplinaires la possibilité de pratiquer des IVG par aspiration.

Autre recommandation : que soient effectivement réalisées les enquêtes detestings” que la ministre de la Santé Marisol Touraine a annoncées le 28 septembre 2016. Il s’agit d’évaluer les délais de recours à l’IVG, le niveau de l’information et l’accueil réservé.

La formation des professionnels de santé reste aussi à améliorer dans les facultés de médecine. Ce bilan donne l’exemple de l’orthogénie, c’est-à-dire l’ensemble des méthodes médicales destinées à planifier ou contrôler les naissances, qui n’y est pas ou peu enseignée.

Des avancées notables

En revanche, d’autres recommandations ont bien été suivies. Les suppressions à la fois de la notion de détresse et du délai de réflexion obligatoire de sept jours ont été fondamentales. Le site ivg.social-sante.gouv.fr a été corrigé pour rendre l’information plus lisible. Un numéro d’information anonyme et gratuit (0800 08 11 11) a été mis en place en 2015.

De plus, les centres de santé peuvent désormais réaliser des IVG par aspiration, et les sages-femmes des IVG médicamenteuses. Enfin, l’extension du délit d’entrave à l’IVG aux sites adeptes de la désinformation sur internet est en cours d’examen au Parlement.

 

 

Publié le jeudi 19 janvier 2017 à 11:17, modifications jeudi 19 janvier 2017 à 10:08

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !