Santé

Implants contraceptifs Essure : S’agit-il d’un nouveau scandale sanitaire ?

Deux Françaises lancent une action en justice

A cause d’effets secondaires indésirables et parfois graves, au moins deux Française ont lancé une procédure judicaire à l’encontre du laboratoire Bayer pour ses implants contraceptifs Essure.

Une enquête, publiée par Le Parisien ce vendredi 9 décembre, vient de faire lever le voile sur ce qui pourrait faire l’objet d’un nouveau scandale sanitaire. En effet, alors que pas moins de 120.000 femmes ont eu recours aux implants contraceptifs Essure, fabriqué par le laboratoire allemand Bayer, il semble que cette méthode contraceptive soit mise en cause.

Justement, deux femmes ont décidé de lancer une action en justice contre le géant pharmaceutique.

L’une d’elle, Marielle Klein, vient de lancer une pétition en ligne afin d’obtenir purement et simplement le retrait de ce « dispositif médical de contraception permanente dangereux pour la santé ».

Une méthode idéale… Ou pas (…) Ce que l’on ne nous dit pas dans cette méthode idéale, c’est qu’après vous n’aurez plus besoin de faire l’amour, puisque vous ne le pourrez plus.

Argue-t-elle dans sa missive avant de lister la liste des effets secondaires indésirables des implants contraceptifs Essure. Ainsi, elle y brosse un sombre tableau avec des réactions qui font froid dans le dos : des règles hémorragiques, des rapports douloureux, des douleurs pelviennes, dorsales, musculaires, voir même des perforations d’organes.

En outre, la lettre ouverte, qui a déjà récolté plus de 46.000 signatures, interpelle la ministre de la Santé, Marisol Touraine :

Stop Essure Madame la ministre, les victimes de France existent.

Au micro de RTL, la mère de cinq enfants a affirmé que la ministre « est tout à fait au courant de la pétition ».

Il faut que les médecins fassent remonter l’information. Jusqu’à maintenant il y avait un déni, mais aujourd’hui le discours change.

Ce témoignage permet de pointer du doigt un contraceptif encore méconnu du grand public contrairement à la pilule, le diaphragme ou les autres implants non définitifs.

En effet, à la base l’objectif visé par l’implant Essure correspond parfaitement au besoin des femmes certaines de ne pas ou plus vouloir d’enfant. Il permet de se libérer de toutes les contraintes liées aux contraceptifs temporaires tout en proposant une alternative moins lourde que la ligature des trompes.

Essure est une méthode contraceptive définitive. Elle consiste en l’introduction de micro-implants (petits ressorts) dans les trompes de Fallope par les voies naturelles. Aucune incision n’est nécessaire.

Explique justement Marielle Klein.

La contraception définitive résulte dès lors d’une réaction naturelle qui se produit autour des implants et qui bouche les trompes pour empêcher ainsi toute fécondation. En France, une centaine de centres hospitaliers sont autorisés à pratiquer cette intervention remboursée par la sécurité sociale.

Bref, une méthode simple, rapide et qui ne nécessite aucune anesthésie contrairement à la ligature. Enfin sur le papier…

Une intervention sans risque ?

Car dans les faits, la composition des implants pose un problème de taille. Le plus important d’entre tous : le Nickel. Ce métal, de la classe des métaux lourds, est reconnu comme le plus allergisant au contact cutané.

S’ajoutent les effets secondaires qui pour certaines femmes sont très handicapants. Toutes les plaignantes affirment souffrir de douleurs abdominales, de perte de poids importantes, de troubles musculaires voire de dépressions sévères.

Ainsi, leur avocat Charles Joseph-Oudin, qui est aussi celui du scandale Médiator, étudie 28 autres dossiers.

De plus, il ne s’agit pas uniquement d’un problème Français. En effet, aux États-Unis, où la contraception définitive est beaucoup plus courante que dans l’hexagone, un collectif de femmes s’est créé. Depuis, plus de 9.500 plaintes sont en cours de traitement.

Contacté par Le Parisien, le laboratoire Bayer affirme que

Depuis 2002, la sécurité et l’efficacité de la méthode ont été confirmées par plus d’une décennie de recherches scientifiques. Comme pour toute procédure médicale, des effets secondaires peuvent apparaître : il s’agit principalement de crampes, de nausées, de vomissements, de vertiges, d’étourdissements et de saignements. Des douleurs dorsales, abdominales ou pendant les rapports peuvent survenir.

Le ministère de la Santé, ainsi que l’agence du médicament ont précisé que le dispositif était sous surveillance renforcée à cause de ces effets secondaires. Une étude épidémiologique visant notamment à évaluer la sécurité des implants contraceptifs Essure « en comparaison à la ligature des trompes par voie coelioscopique » a été lancée en avril dernier.

Les résultats sont attendus pour le trimestre 2017.

Publié le dimanche 11 décembre 2016 à 16:57, modifications dimanche 11 décembre 2016 à 9:42

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