Santé

Haïti : l’ONU admet sa responsabilité dans l’épidémie de choléra

Les Nations unies ont reconnu qu’elles étaient impliquées dans le foyer initial de l’épidémie de choléra qui touche Haïti. L’organisation a promis une « aide matérielle » aux victimes.

Jeudi 18 août le porte-parole adjointe de l’ONU, Farhan Haq, a reconnu que les Nations unies avaient une responsabilité dans le foyer initial de l’épidémie de choléra qui sévit en Haïti depuis le séisme meurtrier de 2011.

Des experts indépendants avaient déclaré que le virus avait été déclenché par des déjections provenant d’une base de casques bleus népalais de la Minustah, une mission de l’ONU en Haïti.

Dès le lendemain de cette annonce, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a annoncé « qu’une aide matérielle directe allait être accordée aux victimes de l’épidémie.

Les Nations unies doivent faire suivre cette annonce d’actions, comprenant des excuses publiques, l’établissement d’un plan pour verser des compensations aux victimes qui ont tant perdu et pour s’assurer que le choléra soit éliminé d’Haïti à travers de solides investissements dans les infrastructures d’eau et d’assainissement.

S’est félicité Béatrice Lindstrom de l’Institut pour la justice et la démocratie en Haïti.

Depuis 2011, les demandes d’indemnisation, menées par les familles des victimes à New-York – siège des Nations unies, avaient été toutes rejetées par la justice américaine en raison de l’immunité conférée à toutes les missions de l’ONU.

Ainsi, c’est la première fois que l’institution évoque une aide financière allouée directement aux victimes. Cette dernière devrait s’ajouter aux programmes de lutte contre le choléra et l’assainissement mis en place par les Nations unies et le gouvernement haïtien. L’objectif étant de redoubler d’efforts pour éradiquer cette maladie en améliorant les traitements et en développant les infrastructures sanitaires et de santé en Haïti.

En effet, l’épidémie de choléra qui a déjà fait 10 000 morts et touchée 800 000 personnes, ne semble pas donner des signes d’affaiblissement. Dans un dernier rapport, publié le 4 août par l’épidémiologiste français Renaud Piarroux, il est fait état que de janvier à juin 2016, plus de 21 000 cas et 200 décès ont été recensés.

Le compte-rendu met également en exergue que les structures sanitaires restaient déplorables. Ainsi, 72% des Haïtiens n’ont toujours pas de toilettes chez eux et 42% des habitants n’ont pas accès à l’eau potable.

Publié le dimanche 21 août 2016 à 8:37, modifications samedi 20 août 2016 à 22:22

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