Santé

Groupes sanguins : bientôt un sang universel ?

Une équipe nord-américaine a découvert un moyen d’ôter les antigènes spécifiques des groupes A, B et donc AB. Or, c’est l’absence de ces marqueurs qui définit le groupe O, dont l’un des deux types est donneur universel.

Transformer n’importe quel groupe sanguin en sang universel. Voilà la révolution à laquelle des chercheurs canadiens seraient en train d’arriver. L’annonce provient d’une équipe dirigée par Stephen Withers, professeur à l’Université de la Colombie-Britannique au Canada.

Des groupes sanguins…

Tout être humain a un groupe spécifique parmi les quatre existants, à savoir : A, B, AB et O. Ces classes, que l’on peut chacune affiner en sous-types “+” ou “-“, sont tributaires, chez un individu, des gènes de ses parents.

Pour les transfusions par exemple, la plupart des gens ont besoin de recevoir du sang d’un donneur du même groupe sanguin qu’eux. Comme nous l’explique Stephen Withers, dans le compte-rendu de l’étude.

Le groupe sanguin est déterminé par la présence d’antigènes sur la surface des globules rouges. Le sang de type O n’en a pas. Les antigènes peuvent provoquer une réponse immunitaire à un corps étranger, donc les patients qui se font transfuser doivent recevoir leur groupe sanguin, ou du sang de type O pour éviter une réaction.

Précise-t-il, soulignant le rôle de O-, le donneur universel.

Avec le projet de sang universel en passe d’aboutir au Canada, cela devrait changer. En effet, régler l’incompatibilité entre groupes sanguins permettra de diminuer les problèmes de transfusions. Les banques de sang feront mieux face aux pénuries de donneurs et par conséquent on sauvera plus de patients.

…Au sang universel ?

Les cellules du corps humain possèdent des protéines capables d’accélérer les réactions chimiques en leur sein : les enzymes. Ainsi, c’est en se penchant sur une enzyme des bactéries de la flore intestinale que Stephen Withers et son équipe ont découvert son rôle intéressant. 

Le fonctionnement de cette enzyme consiste à éliminer les sucres qui se trouvent dans la muqueuse du tube digestif. Or, ces sucres sont proches, en composition, de ceux qu’on rencontre à la surface des globules rouges des groupes A, B et AB.

L’idée des chercheurs est donc de mettre en contact cette enzyme avec le sang des groupes cités précédemment, pour qu’elle élimine ces sucres et qu’on parvienne à un sang universel de type O à partir de tout type de donneur.

Publié le vendredi 31 août 2018 à 11:22, modifications samedi 1 septembre 2018 à 5:03

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