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Greffe de cœur : à 53 ans, son cœur bat depuis 91 ans !

Voici une incroyable histoire : une femme a été greffée d’un cœur et a reçu celui d’un patient sexagénaire. Aujourd’hui, elle a 53 ans, et le cœur bat depuis 91 ans ! C’est le plus vieux cœur de donneur encore en activité dans le monde…

Un cas de moins en moins rare

C’est un cas qui était exceptionnel il y a 23 ans, lorsque cette jeune femme a reçu le cœur de quelqu’un d’autre. La patiente avait 30 ans, et a reçu le cœur d’une personne âgée de 68 ans. Si ce cas intéresse autant et qu’il a été étudié par les cardiologues du centre médical universitaire de Loma Linda, en Californie, c’est parce que la patiente a aujourd’hui 53 ans. Voilà donc 23 ans qu’elle vit avec ce cœur qui a 91 ans, et qu’elle n’a aucun problème cardiaque.

Ce qui est inhabituel, c’est de greffer à une personne aussi jeune le cœur d’une personne beaucoup plus âgée. Généralement, on essaie de trouver un cœur d’âge équivalent au patient en attente de la greffe. Mais parfois, ce n’est pas possible. Et dans l’urgence, on lui greffe un cœur plus âgé.

Ce cas prouve que ce n’est pas forcément un problème. Plutôt que de laisser un patient sur liste d’attente, il est donc possible d’implanter le cœur d’une personne âgée sur une personne beaucoup plus jeune.

Des risques de pathologies

Bien évidemment, ce type de greffe n’est pas sans danger. Comme toute greffe d’ailleurs. Mais le principal problème concerne le risque de voir des pathologies cardiaques se déclarer, comme par exemple des insuffisances cardiaques, un rétrécissement aortique, des coronaires qui se bouchent… Malgré tout, cette patiente prouve que ce n’est pas toujours le cas !

Du coup, comme l’a expliqué le professeur Vincentelli, chirurgien cardiaque au CHRU de Lille, plusieurs problématiques liées au don d’organes pourraient être résolues. En France, on essaie au maximum d’apparier les cœurs âgés avec des donneurs âgés. Et vice-versa. Mais il faut savoir que dans notre pays, la moyenne d’âge des donneurs est de 45 ans (elle est de 32 ans aux Etats-Unis). Il y a donc forcément une pénurie de cœurs jeunes…

Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes

L’agence de Biomédecine a fait part de données chiffrées particulièrement intéressantes. On apprend ainsi que l’âge des donneurs ne cesse d’augmenter depuis 2010. Les 56/66 ans étaient 14.1% à être donneur en 2010 et ils sont maintenant 21.7%. Et le pourcentage de refus de prélèvements d’organes après le décès ne bouge pas. Pourtant, selon la loi, ce n’est pas à la famille de décider… malgré tout, il semble difficile pour le corps médical de passer outre cette accord familial.

Il faut savoir que la loi du 22 décembre 1976 dit que toute personne majeure est présumée donneur par défaut, sauf si elle a fait connaître de son vivant son refus d’un tel prélèvement. La loi du 26 janvier 2016 a renforcé et précisé ce dispositif. En effet, cette loi permet de s’inscrire sur le registre national des refus en ligne. La famille peut aussi signaler si le défunt a fait part de son refus de son vivant. Mais outre ces cas-là, on est donneur automatiquement… du moins légalement !

Car la réalité est complètement différente. Il arrive que la famille, qui n’a normalement pas à donner son avis à ce sujet, refuse catégoriquement le don d’organes. C’est un problème sociétal et culturel. Et à ce jour, les médecins n’arrivent pas encore à ne pas demander l’avis de la famille, même si cette dernière n’est pas censée avoir son mot à dire.

Au Danemark et en Suède, les choses sont très différentes. Il faut donner son avis de son vivant, et se positionner clairement sur le don d’organes. Le corps médical ne demande rien à la famille.

La sélection des greffons

Pour toutes ces raisons en France, on a de plus en plus tendance à greffer des cœurs âgés sur des patients jeunes. Ces greffons sont précieusement sélectionnés et testés afin que la greffe ait le plus de chance possible de fonctionner. Comme ce fut donc le cas avec cette patiente greffée depuis 23 ans avec le cœur d’une personne bien plus âgée qu’elle.

Une seconde vie offert à ce cœur, et surtout à cette femme qui coule des jours paisibles et ne souffre actuelle d’aucune pathologie cardiaque…

Publié le vendredi 15 septembre 2017 à 15:04, modifications vendredi 15 septembre 2017 à 16:36

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