Santé

La France « très en retard » dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus

Selon la Société Française de Pathologies Cervico-Vaginales (SFCPCV), la France aurait accumulé un retard inquiétant dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus. Un rapport du collectif sanitaire met également en lumière des taux de dépistages « particulièrement bas dans le pays ».

Le Dr Jean-Luc Mergui est inquiet. Et pour cause, pour le président de la Société française de colposcopie et de pathologies cervico-vaginales (SFCPCV), la France est sans conteste une « mauvaise élève » en matière de lutte contre le cancer de l’utérus. Pour lui, c’est bien simple :

La situation en France est très préoccupante. Nous sommes en train d’accumuler un retard important par rapport aux autres pays européens.

Des propos rapportés par l’AFP. Premier problème soulevé par le professionnel de santé : la vaccination contre le papillomavirus, destinée à prévenir les lésions précancéreuses du col utérin. Et pour cause, selon Jean-Luc Mergui, le taux de couverture de ce vaccin, recommandé chez les filles de 11 à 15 ans, atteint à peine 15% en France. Comme le rappelle le président de la SFCPCV :

Ce taux atteint 90% en Finlande et pas moins de 85% au Royaume-Uni.

Même constat du côté des dépistages du cancer du col de l’utérus. En effet, selon l’organisme sanitaire, seules 50 à 60% des femmes ont recours à ce contrôle préventif. Le chiffre atteint une fois encore 85% outre-Manche. Et comme le relève le Dr Mergui. Toujours selon des propos rapportés par l’AFP, celui-ci a déclaré :

Le dépistage se fait actuellement de manière “spontanée” et baisse sensiblement après l’âge de 50 ans.

UN ABUS DE CONISATIONS ?

Toujours selon la SFCPCV, l’excès de « conisations » jouerait un rôle majeur dans ce manque de prévention. En effet, selon le président :

Un tiers des 25.000 interventions consistant à enlever chirurgicalement une partie du col de l’utérus réalisées chaque année en France peuvent être considérées comme “excessives et sans contrôle de qualité”.

La solution trouvée par la SFCPCV afin d’enrayer ces excès ? Une charte de qualité, qui s’est fixé comme objectif de « fluidifier » la formation des gynécologues spécialisés dans la prévention du cancer du col. Cela passe notamment pas une vérification accrue de leurs pratiques et de leur conformité aux recommandations nationales et européennes.

Selon la SFCPCV, mille femmes seraient décédées du cancer du col de l’utérus en 2015.

Publié le vendredi 13 janvier 2017 à 16:47, modifications vendredi 13 janvier 2017 à 16:07

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