Santé

Faire des câlins aux arbres peut être une très mauvaise idée

La sylvothérapie, qui propose à ses adeptes de faire des câlins aux arbres, peut être une pratique très dangereuse !

La sylvothérapie est une pratique de plus en plus prisée par les Français. Elle consiste à se soigner à travers des ballades dans la nature, souvent ponctuées par des séances de câlins avec les arbres. Mais ce geste pourrait bien être plus dangereux qu’il n’y paraît !

Une pratique loin d’être sans risques

Les bains de forêts rassemblent de plus en plus d’adeptes en France et à travers le monde. Cette reconnection avec la nature passe par la pratique du câlin avec les arbres, qui peut avoir des conséquences inattendues sur la santé, même lorsqu’ils s’agit d’espèces très communes comme le chêne ou certains conifères. Et cela peut même être aggravé en cette saison estivale si l’on est en short et en tee-shirt.

Ainsi, d’après Christophe Bouget, scientifique issu du laboratoire Écosystèmes forestiers EFNO de l’IRSTEA (Institut national de recherches en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture) de Nogent-sur-Vernisson, des arbres comme le chêne ou le charme abritent un type de mousse nommé frullania, qui peut causer d’importantes démangeaisons sur tout le corps. Celle-ci peut également provoquer une dermatite de contact allergique, une affection qui peut avoir des conséquences très graves chez certains.

La dermatologue Marie-Noëlle Crépy, qui travaille à l’hôpital Cochin à Paris et à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Haut-de-Seine) s’est d’ailleurs penchée sur la question en répertoriant tous les allergènes connus pouvant provoquer ce type de réaction au contact d’un arbre. Parmi eux, on peut citer plusieurs espèces de lichens.

Des démangeaisons très importantes

Mais les lichens ne sont pas les seules substances urticantes. En effet, une liane vénéneuse nommée sumac, qui vient à la surface de certaines feuilles et plantes, peut causer de graves démangeaisons avec l’apparition de cloques, même lorsque le contact s’effectue à travers une couche de vêtements. Mais heureusement pour les Français, cette espèce se retrouve d’abord en Amérique du Nord.

Aux antilles, on retrouve également un arbre très commun sur les plages, le mancenillier, dont les feuilles produisent une substance très toxique. Ainsi, lorsqu’il pleut, celle-ci peut irriter les personnes qui trouvent refuges en dessous, et même provoquer de graves brûlures.

Mais les espèces végétales ne sont pas les seules à posséder un pouvoir irritant. Ainsi, une petite chenille vivant sur les pins possède de petits poils acérés et particulièrement urticants, qui peuvent se planter durablement dans la peau et provoquer d’importantes démangeaisons. Mais lorsque l’on se gratte, les poils libèrent une toxine nommé thaumétopéine, qui peut provoquer un oedème ou un choc anaphylactique. La vie de la personne exposée est alors en danger.

La chenille peut également libérer ses poils urticants dans l’air, et si ces derniers viennent se loger dans les voix respiratoires, les conséquences peuvent être extrêmement graves. Lorsque cela arrive à un chien par exemple, il est alors nécessaire de l’euthanasier.

Gare aux frelons et aux serpents !

Mais l’insecte le plus redoutable auquel vous pouvez être exposé lors d’un câlin avec un arbre reste le frelon. En effet, certains d’entre eux peuvent abriter un nid sous leur écorce, qui peuvent parfois compter jusqu’à une centaine d’insectes. Et la piqûre du frelon peut être extrêmement douloureuse, puisque leur dard particulièrement aiguisé peut pénétrer en profondeur pour libérer son venin directement dans le sang.

Ainsi, au Japon, une espèce de frelon géant, nommée Vespa mandarinia japonica possède un venin particulièrement dangereux, qui tue chaque année de nombreuses personnes. Long de près de 4 cm, il peut mesurer 6 cm d’envergures. Un animal impressionnant qui peut donc s’attaquer aux amateurs de sylvothérapie.

Enfin, last but not least, les arbres africains peuvent abriter un animal beaucoup plus redoutable encore. En effet, le serpent mamba noir peut parfois se loger sur une branche, où il peut être confondu avec elle, avant d’attaquer sa proie. Et la morsure de ce petit serpent est loin d’être anodine. En effet, 10 à 15 mg de son venin suffisent à tuer un Homme adulte en quelques heures, ce qui signifie qu’en une seule morsure, le mambo noir pourrait virtuellement assassiner de 12 à 40 Hommes. Il entraîne alors une mort douloureuse par paralysie et suffocation. 

La prochaine fois que vous faites un câlin à un arbre, pensez donc à cela !

Publié le dimanche 8 juillet 2018 à 14:00, modifications dimanche 8 juillet 2018 à 11:47

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