Santé

D’après cette nouvelle étude, l’alcool est dangereux pour la santé dès le premier verre.

Cette vaste étude menée sur 28 millions de personnes doit alerter même les buveurs les plus modérés.

La méta-analyse de plusieurs centaines d’études menées sur l’impact de l’alcool sur notre santé entre 1990 et 2016 aboutit à une conclusion plutôt inquiétante. En effet, boire, même en faible quantité, augmenter déjà substantiellement les risques de développer l’une des principales maladies liée à la consommation d’alcool.

Un échantillon de 28 millions de personnes sur 26 ans

La croyance selon laquelle la consommation modérée d’alcool serait bonne pour la santé pourrait bien s’avérer fausse. En effet, même en petites quantités, la boisson affecte notre santé. Quant aux effets positifs de certains alcools comme le vin, qui possède même un effet antidépresseur, ils ne seraient pas assez importants pour compenser les risques liés à l’éthylisme. Et il ne suffit que d’un verre !

En effet, d’après une immense méta-analyse publiée ce 23 août 2018 dans la revue scientifique The Lancet, l’alcool n’a pas usurpé sa réputation de tueur de masse. Ainsi, près de 2,8 millions de personnes meurent chaque année à cause de leur consommation. Il s’agit donc du 7ème facteur de risque mortel ans le monde en général, et le premier pour la tranche d’âge 15-49 ans. 

Ces conclusions inquiétantes sont le fruit d’une grande étude menée dans le cadre du Global Burden of Disease Study, une initiative de l’Organisation mondiale de la santé pour laquelle travaillent près de 1800 scientifiques internationaux. Financé par la fondation Bill et Melinda Gates, elle s’appuie sur l’analyse de nombreuses études parues dans le monde. Cette fois-ci, 1286 publications ont été passées au crible, ce qui représente un total de 28 millions de personnes dans 195 pays différentes, entre 1990 et 2016. 

Et la conclusion est on ne peut plus claire : avec un verre par jour, les chances de contracter l’une des 23 principales maladies liées à la consommation d’alcool augmente de 0,5%. 

Une nuance… Qui n’écarte pas le danger

Il y a toutefois une nuance à apporter par rapport à ce résultat. En effet, d’après le statisticien David Spiegelhalter, les 0,5% en question correspondent en réalité à une quantité équivalente à 400 000 bouteilles d’alcool fort consommées par 25 000 personnes chaque année, soit 16 bouteilles par an par personne. Cela permet donc de relativiser quelque peu ce chiffre impressionnant au premier abord. Mais cette nuance n’écarte pas pour autant le danger, étant donnée la précision de cette étude.

En effet, les chercheurs ne se sont pas uniquement basés sur les déclarations des personnes interrogées dans le cadre de ces études. En effet, ces dernières ont également été corroborés par d’autres données statistiques de consommation d’alcool. Cela leur a donc permis de corriger certaines déclarations volontairement plus basses que la réalité. 

Mais les chercheurs ont également tenu à formuler un avertissement : la consommation des jeunes de moins de 15 ans n’a pas été comptabilisée dans les chiffres évoqués, qui ont donc toutes les chances d’être sous-estimés… Et ce n’est pas une bonne nouvelle.

Pas d’effet bénéfique, quelque soit la dose

Cette nouvelle étude remet en questions les publications vantant les mérites d’une consommation modérée d’alcool, qui ont eu tendance à se multiplier ces dernières années. Ces derniers ne nient pas que des molécules bénéfiques soient présentes dans certains breuvage comme le vin, mais leur effet n’est pas assez puissant pour contrebalancer les risques.

C’est ce qu’affirme Max Griswold, issu de l’université de Washington et principal auteur de cette étude alarmante. Dès le premier verre, l’alcool présente donc des risques non négligeables, qui ont ensuite tendance à augmenter de façon exponentielle avec les verres suivants. 

Pour faire face à ces nouvelles informations, il est donc nécessaire de changer profondément les politiques publiques liées à l’alcool. En effet, ce n’est pas la première fois qu’une étude met l’accent sur les conséquences effrayantes de cette consommation sur la santé, qui coûte par ailleurs 255 millions d’années de vie à l’humanité chaque année. Il faut donc profondément réévaluer les recommandations officielles pour la consommation d’alcool, qui restent bien trop importantes. Des mesures contre la publicité de ces produits ainsi que de lourdes taxes doivent également être mises en places pour lutter contre ce facteur de risque bien plus important que d’autres drogues pourtant qualifiées de “dures”.

Publié le samedi 25 août 2018 à 12:48, modifications samedi 25 août 2018 à 12:17

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