Santé

D’après cette étude, la pollution affecterait nos capacités verbales et mathématiques

La Chine est le pays le plus exposés aux risques majeurs que représentent la pollution de l’air.

Une étude menée en Chine, pays connu pour ses pics de pollution particulièrement extrêmes, a permis d’établir un lien entre une mauvaise qualité de l’air et la diminution des capacités verbales et mathématiques des populations exposées. Il s’agit d’ailleurs de l’un des principaux objectifs des autorités chinoises actuellement.

La faute aux gaz et aux particules fines

Dans une étude parue en août 2018 dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, une équipe de chercheurs chinois a réussi à mettre en évidence la perte de capacités verbales et calculatoires pour les personnes les plus exposées à la population. Les scientifiques ont mené une expérience sur 25 000 participants vivants dans toutes les provinces chinoises entre les années 2010 et 2014. Ils ont analysé leurs capacités cérébrales en fonction du niveau de pollution dans leur région. Et la corrélation entre ces deux aspects semble désormais établie.

L’exposition à court terme suffit déjà à diminuer substantiellement les aptitudes verbales. Les agents polluants les plus à risque dans ce domaine sont le dioxyde de soufre, le dioxyde d’azote et les particules fines inférieures à 10 μm. Sur le plus long terme, les capacités mathématiques sont également affectées, et il suffit de plusieurs semaines d’exposition pour voir l’effet s’installer durablement et de façon plus marquée.

Les résultats hallucinants de cette étude permettent à Xi Chen, professeur d’économie et de santé publique à la Yale School of Public Health qui a co-dirigé cette étude, d’affirmer qu’en réduisant la pollution de l’air en Chine, on pourrait améliorer le niveau d’éducation moyen de l’équivalent d’une année d’études supérieures en plus. Cette étude ne permet toutefois pas de déterminer les mécanismes cérébraux à l’oeuvre pour expliquer cette déliquescence des facultés cognitives. Toutefois, d’après les chercheurs, les hommes pauvres et peu éduqués, qui doivent davantage travailler en extérieur, y sont beaucoup plus exposés, ce qui alimente un cercle vicieux.

Une catastrophe sanitaire

D’après une étude publiée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2016, 92% de la population mondiale est sans cesse exposée à un niveau de pollution aux particules fines les plus dangereuses. D’après l’OMS, 3 millions de personnes meurent chaque année de ce phénomène qui met donc en péril non seulement l’humanité, mais également la faune et la flore à l’échelle mondiale. Il faut également noter que 2/3 de ces décès ont lieu en Asie du sud-est.

La Chine figure aux premiers rang des nations touchées par la pollution. La faute peut être directement attribuée à ses immenses centrales électriques fonctionnant grâce au charbon. C’est ce qui permet d’expliquer l’épais brouillard de fumée que l’on peut voir dans les photos impressionnantes de nombreuses villes chinoises.

La diminution de la pollution est l’un des 3 objectifs majeurs fixés par le gouvernent chinois. Pour l’atteindre, des mesures fortes ont été récemment appliquées, comme l’interdiction pure et simple du charbon dans 28 villes. la fermeture de 1000 usines jugées trop polluantes d’ici 2020 est également l’un des grands objectifs des autorités chinoises.

Des mesures positives pour éviter un désastre annoncé

Des projets plus positifs et innovants sont également mis en place pour enrayer cette dynamique. On peut par exemple citer le chantier “Liuzhou Forest City” mis au point par un cabinet d’architecture italien, qui repose sur un concept de ville verte recouverte de végétation afin d’absorber la pollution, notamment au gaz carbonique, et de renouveler l’oxygène présent dans l’air.

D’autres initiatives de ce types sont déjà implémentées depuis plusieurs années, ce qui a déjà permis de faire baisser les taux de pollution aux particules fines de 32% entre 2013 et 2017 en Chine. Mais cette politique ne pourra pas rester efficace longtemps si la Chine n’est pas prête à transformer durablement son système économique pour le rendre plus écologique. En effet, on peut relever la schizophrénie du gouvernement, qui traire d’un côté ce problème avec des mesures fortes tout en continuant d’encourager le développement de nombreuses industries polluantes dans des régions plus rurales du pays.

C’est la même contradiction qui a récemment poussé Nicolas Hulot à démissionner de son poste de ministre de l’écologie en France, et que l’on retrouve de façon identique partout à travers le monde.

 

 

Publié le vendredi 31 août 2018 à 14:36, modifications vendredi 31 août 2018 à 13:09

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