Santé

Choc toxique : Les coupes menstruelles plus dangereuses que les tampons hygiéniques ?

Des chercheurs lyonnais ont constaté que les tampons hygiéniques utilisés pendant les règles ne favorisent pas les chocs toxiques. Dans le même temps, ils ont alerté sur la dangerosité des coupes menstruelles.

Des chercheurs de l’hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon, viennent de publier une étude sur le syndrome du choc toxique.

Ainsi, les tampons hygiéniques utilisés pendant les règles ne favoriseraient pas la multiplication des staphylocoques dorés présents dans le vagin

Fièvre, état grippal, hallucinations autant de symptômes dont avait fait état une jeune femme qui témoignait dans un reportage du Magazine de la santé diffusé le 4 janvier 2017 sur Allodocteurs.fr.

En effet, le sang bloqué par son tampon avait favorisé le développement de la bactérie jusqu’à provoquer un syndrome du choc toxique.

Une infection, certes rare, mais qui peut néanmoins être mortelle.

De plus, dans le même temps, les cas se sont multipliés en France. Ils sont ainsi passés de cinq déclarés en 2004 à 22 en 2016.

Bref, de quoi inciter les chercheurs des Hospices civils de Lyon à collecter pas moins de 700 tampons usagés pour comprendre comment se développe le staphylocoque doré.

Un défaut d’information sur l’utilisation du tampon. 

Contrairement au tampon Rely, retiré du marché américain dans les années 1980, aucun dispositif ne stimule la production de la toxine qui déclenche le choc toxique.

A déclaré mardi 4 juillet le Centre national de référence du staphylocoque des Hospices Civils de Lyon (HCL).

Ainsi, selon le professeur Gérard Lina, chef de service aux HCL :

Les produits semblent avoir un effet neutre, voire bloquer le développement du staphylocoque.

Pour le chercheur, le choc toxique pourrait plutôt « résulter d’un défaut d’information » sur l’utilisation du tampon.

En effet, pour les tampons comme pour les coupes menstruelles, Gérard Lina et François Vandenesch, qui dirige le Centre national de référence (CNR) des staphylocoques, rappellent de ne pas les porter plus de 4 à 6 heures et de les enlever la nuit.

Quand on les utilise correctement, le risque est moindre, mais pas de zéro.

A cependant souligné le Professeur Lina.

La maladie existe toujours

A de son côté prévenu François Vandenesch.

Il a notamment argué que l’augmentation des cas recensés s’explique par « la notoriété grandissante » du centre et par un « meilleur diagnostic ». Pour lui il ne s’agit pas d’une recrudescence de la maladie.

Des risques liés aux coupes menstruelles. 

Pour mener leur étude, les scientifiques ont testé les marques les plus utilisées.

En outre, ils ont tenté de reproduire les conditions de culture se rapprochant le plus de l’intérieur du vagin, avec peu d’oxygène.

A ce propos, l’étude a mis l’accent sur les risques liés à l’utilisation des coupes menstruelles.

Ces dernières facilitent une arrivée d’air plus importante, donc d’oxygène. Ce qui favorise la croissance du staphylocoque.

(Source des Hospices Civils de Lyon)

Enfin, si les tampons ne sont pas impliqués directement dans le déclenchement d’un choc toxique, leur composition chimique reste cependant toujours très opaque.

Certains chercheurs estiment qu’ils devraient d’ailleurs être soumis aux mêmes règles de vente que les produits de parapharmacie.

Les scientifiques veulent maintenant en apprendre plus sur les habitudes d’utilisation des protections périodiques.

Justement, ils lancent un appel à volontaires pour une grande enquête nationale à l’université de Lyon.

 

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Publié le mercredi 5 juillet 2017 à 13:33, modifications mercredi 5 juillet 2017 à 10:46

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