Santé

Cabines de bronzage UV : L’agence de sécurité sanitaire demande leur fermeture et interdiction en France

L’Agence nationale de sécurité sanitaire a rendu un avis sans équivoque contre les cabines de bronzage UV : le risque de cancer de la peau est largement avéré.

Les cabines de bronzage UV sont-elles condamnées à fermer leurs portes ? C’est en tout cas la demande faite ce mercredi 10 octobre par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). En effet, dans un rapport, l’agence demande aux pouvoirs publics « de prendre toute mesure de nature à faire cesser l’exposition de la population aux UV artificiels ». Et ce, devant « le risque de cancer avéré ».

On recommande l’arrêt de l’activité liée au bronzage artificiel. Et aussi l’arrêt de la vente d’appareils délivrant des UV à visée esthétique notamment aux particuliers.

Explique ainsi Olivier Merckel, le chef de l’unité d’évaluation des risques aux agents physiques à l’Agence, qui a suivi l’expertise.

Un risque dès la première utilisation

Le rapport de l’Anses montre qu’en allant ne serait-ce qu’une seule fois dans une cabine de bronzage avant 35 ans, on augmente déjà de 60% son risque de développer un cancer de la peau. Ainsi, en France, 43% des cas de mélanomes, des cancers considérés comme les plus agressifs, qui touchent les jeunes, peuvent être directement attribués aux séances de bronzage artificiel avant l’âge de 30 ans.

On sait aujourd’hui que le vieillissement de la peau est quatre fois plus rapide avec des séances d’UV artificiels qu’avec le soleil.

Alerte Olivier Merckel.

Par ailleurs, d’après des données publiées par l’Anses, en France en 2015, chez les adultes de plus de 30 ans, 10.340 cas de mélanomes pouvaient être attribués à l’exposition solaire. Et 382 cas de mélanomes à l’exposition aux appareils de bronzage. Répartis pour 1,5% des cas de mélanomes chez les hommes et 4,6% chez les femmes.

Dans un précédent avis, en 2014, l’Anses recommandait déjà « la cessation à terme de tout usage commercial du bronzage par UV artificiels ». L’agence jugeait que la dernière réglementation en date (2013) « constituait une réponse partielle et insuffisante au regard du risque avéré de cancers cutanés pour les utilisateurs ».

Les données scientifiques s’accumulent, il n’y a plus de doute. On a des preuves solides. Le risque de cancer est avéré. On a des données chiffrées sur les risques pour les jeunes, pour toute la population. Maintenant on recommande une action des pouvoirs publics.

Aucun bénéfice pour la peau

Par ailleurs, l’Anses met en garde contre les « idées reçues » sur ces cabines de bronzage :

Non, elles ne font pas réellement bronzer. Et ne préparent pas la peau avant de partir en vacances au soleil. Comme il est régulièrement affiché sur la vitrine des enseignes de bronzage.

L’Anses révèle aussi dans son rapport « qu’aucune valeur limite d’irradiance ou de dose ne peut être fixée pour protéger les utilisateurs ». En clair, il n’y a « absolument aucun avantage » à la pratique des séances d’ultra-violets en cabine de bronzage.

Enfin, si les recommandations de l’Anses sont suivies par le gouvernement, la fermeture de ces centres de bronzage pourrait poser une question économique. En effet, en France, le marché du bronzage représente actuellement 11.000 emplois directs et indirects. Néanmoins, leur fréquentation est en nette baisse depuis plusieurs années.

L’activité a été divisée par deux depuis 2009 et la polémique sur les risques des UV.

A expliqué le Syndicat national des professionnels du bronzage en cabine. Selon ce même syndicat, on compterait aujourd’hui 4.500 établissements en France dont 300 centres de bronzage spécialisés. Les autres le proposant en activité secondaire.

Le ministère de la Santé, contacté par l’AFP, n’a pas encore arrêté sa décision après cet avis transmis par l’Anses.

Publié le jeudi 11 octobre 2018 à 8:40, modifications jeudi 11 octobre 2018 à 8:11

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