Santé

Bébés nés sans bras dans l’Ain : 11 nouveaux cas suspects, une enquête nationale ouverte

Onze cas suspects supplémentaires de bébés nés sans bras ont été identifiés dans l’Ain entre 2000 et 2014. Une enquête nationale a été ouverte.

Le Dr François Bourdillon, directeur général de l’agence Santé publique France, a annoncé ce mercredi 31 octobre qu’une enquête nationale était ouverte dans l’affaire des bébés nés sans bras, mains ou avant-bras. Interrogé au micro de RTL, le médecin a précisé que les résultats de l’enquête « pour la France entière » sont attendus « à peu près dans trois mois ».

11 cas supplémentaires

Ainsi, Santé publique France a identifié 11 cas supplémentaires d’enfants nés dans l’Ain avec une malformation des membres supérieurs. Ils viennent s’ajouter aux 7 cas déjà connus. Dans le détail, quatre de ces enfants sont nés entre 2009 et 2014. Et sept autres sont nés avant, entre 2000 et 2008. Or, ces nouvelles révélations portent à dix-huit le nombre de cas de malformations repérées dans l’Ain depuis le début des années 2000. Le registre Remera (registre des Malformations en Rhône-Alpes), relatif aux malformations dans le Rhône-Alpes, avait recensé dans un premier temps sept cas d’enfants nés malformés entre 2009 et 2014. Et ce, dans une zone de 900 km² à l’intérieur du département.

Nous avons mené des investigations supplémentaires. On a identifié pour l’Ain onze cas suspects supplémentaires, qui méritent encore d’être investigués. Au-delà des sept déjà identifiés pour lesquels nous n’avons pas trouvé de cause commune.

A expliqué le Dr François Bourdillon.

Toutefois, un conflit oppose le registre Remera et les autorités. En effet, ces dernières, après avoir douté que la situation soit anormale dans le département, ont accusé l’épidémiologiste à l’origine des premières révélations sur ces malformations d’avoir mal fait son travail. Elles ont donc repris l’enquête, et ont identifié ces onze cas supplémentaires. Car cette situation est d’autant plus troublante que le travail du registre était précisément d’interroger les bases de données hospitalières pour déceler toute naissance suspecte.

On a besoin de données scientifiques solides pour pouvoir faire un travail d’investigation complet. Quand on finance un registre, on demande à avoir de l’exhaustivité et des données transmises à l’Europe. Aujourd’hui, le respect du cahier des charges n’est pas total.

S’est agacé le directeur de Santé publique France.

On ne joue pas avec le respect

De son côté, invitée à réagir ce mercredi sur LCI après la révélation par Santé Publique France de onze cas supplémentaires, la lanceuse d’alerte Emmanuelle Amar n’a pas caché sa réserve.

Parce qu’on ne joue pas avec le respect que l’on doit aux familles qui n’ont pas été contactées. Et qui apprennent à la télé onze nouveaux cas, totalement dévastées.

A dénoncé la directrice générale du Remera à l’origine de l’alerte sur ces naissances suspectes.

Et de poursuivre :

On ne joue pas non plus avec la rigueur scientifique qui veut qu’on ne communique pas quand on n’a pas vérifié les cas dont on parle.

En effet, selon elle, l’agence de santé publique a communiqué sur des cas dont elle ignore et le nom et l’adresse et le diagnostic médical.

Ce qui ne s’est jamais vu.

A-t-elle déploré.

Une enquête élargie à tout le territoire

Selon le médecin, à ce stade des investigations, « on ne sait toujours pas si la fréquence de ces malformations dans l’Ain est inhabituelle ».

Pour l’instant, on a l’impression d’être au-dessus de la norme. C’est une réalité.

A commenté François Bourdillon. A noter que le nombre moyen d’enfants naissant avec des malformations est de 150 par an à l’échelle du territoire.

Ainsi, les autorités ont élargi leurs investigations sur d’autres cas éventuels de malformations suspectes à l’ensemble de la France. Leurs résultats devraient être connus d’ici trois mois.

Publié le mercredi 31 octobre 2018 à 14:03, modifications mercredi 31 octobre 2018 à 13:16

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