Santé

Alerte à la codéine, le médicament détourné en drogue par les adolescents

Issue de la même famille que l’opium, la codéine peut provoquer des sensations de « défonce », lorsqu’elle est détournée en drogue. Un phénomène de mode alarmant qui a déjà causé le décès par overdose de deux adolescents depuis le début de l’année.

Interrogé sur France Info vendredi 9 juin, Nathalie Richard, directrice à l’Agence nationale de sécurité et des produits de santé, s’est alarmée par « l’augmentation du nombre de cas de détournement par des adolescents de ce type de médicament ».

En effet, deux adolescents sont morts depuis le début de l’année après avoir ingurgité une surdose de codéine.

Le médicament antidouleur, de la même famille que l’opium, lorsqu’il est détourné en drogue, provoque une sensation de « défonce » avec un ralentissement du rythme cardiaque. Il peut entraîner un coma, parfois mortel.

Au bout de quelques mois d’usage régulier, la dépendance s’installe. Et l’arrêt de sa consommation provoque de grandes douleurs et une incapacité à dormir pendant quatre à cinq jours. Sans compter le paracétamol contenu dans le Codoliprane à l’origine d’hépatites aiguës à haute dose.

Or, ce phénomène est hors de contrôle puisque certains médicaments à base de codéine sont vendus librement et sans ordonnance.

En outre, cette pratique connue aux États-Unis sous le nom de « Purple drank », ou « cocktail violet » est apparue en France en 2013.

Un détournement qui est de plus en plus fréquent chez les adolescents. L’Ordre national des pharmaciens avaient déjà lance un signal d’alerte en 2015.

Cinq signalements depuis 2017

Pour juguler ce phénomène, Nathalie Richard a recommandé que les médicaments contenant de la codéine fassent l’objet d’une information des professionnels de santé. Autant de la part des médecins, que des pharmaciens.

Cependant elle a précisé :

Sans pour autant préconiser une vente sur prescription obligatoire.

Par ailleurs, pour signaler les cas dangereux, l’Agence nationale de sécurité et des produits de santé a mis en place un réseau d’addicto-vigilance.

Grâce à ce dispositif, une quinzaine de cas ont pu être détectés en 2016.

Depuis le début de l’année, l’ANSM a reçu cinq signalements d’utilisation abusive de codéine chez des mineurs. Deux d’entre eux sont décédés.

Pourtant, ces chiffres ne sont que la partie émergée d’un phénomène en pleine expansion.

En effet, d’autres cas ont été détectés sur le détournement de comprimés de médicaments antidouleur associant paracétamol et codéine (Codoliprane, Klipal, Padéryl, etc.). Des médicaments facilement accessibles du fait de leur faible coût (2 à 3 euros la boîte).

L’ANSM lancera dans les prochains mois « une étude spécifique sur ce phénomène », auprès des pharmacies et des services d’urgence pédiatriques.

Cela devrait permettre d’avoir « des précisions sur la typologie » de ces usages détournés et leurs « conséquences sanitaires », a expliqué Nathalie Richard.

L’agence entend aussi renouveler l’appel à la vigilance des pharmaciens. Ceux-ci « peuvent refuser une vente quand ils jugent que la délivrance du médicament peut avoir des conséquences sanitaires ».

Publié le lundi 12 juin 2017 à 11:33, modifications lundi 12 juin 2017 à 9:52

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