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Salle de shoot : quel bilan trois mois après l’ouverture?

La première “salle de consommation à moindre risque” (SCMR) a été créée il y a trois mois à Paris. Elle accueille à l’heure actuelle jusqu’à 220 usagers quotidiennement.

Dans le 10e arrondissement de la capitale, la première “salle de shoot” de France a ouvert au mois d’octobre 2016. Son taux d’affluence démontre aujourd’hui que ce lieu “répond à un besoin” significatif. Selon Jean-Pierre Lhomme, président de Gaïa, l’association de soin en addictologie qui gère la salle, “entre 170 et 220 passages par jour de personnes viennent consommer”. Il souligne à l’Agence France Presse :

Au bout de trois mois seulement, c’est énorme et ça montre bien que cette salle répond à un besoin.

Quelques 5 000 usagers se sont également rendues dans cet espace, situé à l’hôpital Labroisière, pour se fournir en matériel stérile. Les 400 mètres carrés abritent douze postes de consommation, une salle de repos et des bureaux où les toxicomanes peuvent demander conseil et se soumettre à des tests de dépistage, notamment du virus du sida et de l’hépatite C.

Le président de l’association Gaïa ajoute :

Nous estimons qu’à 350 passages par jour, nous aurons atteint la limite pour pouvoir accueillir les usagers dans les meilleures conditions.

Cette première “salle de consommation à moindre risque” de France a fait des émules. Une seconde a ouvert ses portes à Strasbourg en novembre dernier. Des usagers de l’Est de la France mais aussi des frontaliers allemands y sont accueillis. Mais la fréquentation est en deçà de celle de Paris.

Les craintes des riverains semblent s’apaiser

Selon l’association Gaïa, aucun incident n’a été déploré depuis l’ouverture de la salle. Pour Jean-Pierre Lhomme, qui agit dans le cadre de la loi santé de décembre 2015 :

Les tensions avec les riverains semblent s’être apaisées.

L’annonce de l’ouverture d’une “salle de shoot” avait en effet provoqué un tollé chez une partie des riverains. Ils craignaient une accentuation de l’insécurité et du trafic de drogue dans ce quartier proche de la gare du Nord. Cependant, trois mois après l’installation, seules quelques banderoles “Non à la salle de shoot” sur certains immeubles aux alentours restent déployées.

Du côté de l’association Parents contre la drogue, opposée depuis le début à cette salle de consommation, “absolument rien n’a changé”. Le président Serge Lebigot dénonce “toujours autant de seringues dans la rue et autant de toxicos sous les portes-cochères“.

Pour Rémi Féraud, le maire du 10e arrondissement favorable au projet, même si “la salle ne résout évidemment pas tous les problèmes”, “beaucoup de gens qui étaient inquiets témoignent aujourd’hui qu’ils sont rassurés”. Elle est ouverte 7 jours sur 7, entre 13 h 30 et 20 h 30.

Publié le mardi 17 janvier 2017 à 12:29, modifications mardi 17 janvier 2017 à 12:29

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