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Saint-Etienne-du-Rouvray : Le père d’Abdel Malik Petitjean évoque la radicalisation éclaire de son fils

Dans un entretien accordé à Sud-Ouest, le père adoptif du co-auteur de l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray se livre à coeur ouvert sur son fils ainsi que sur sa radicalisation survenue en quelques semaines à peine.

C’est un homme brisé qui, depuis plusieurs jours déjà, n’arrive plus à fermer l’oeil de la nuit. Franck Petitjean, le père adoptif d’Abdel Malik Petitjean, l’un des deux terroristes ayant pris en otage cinq personnes avant d’égorger un prêtre dans une église située à Saint-Etienne-du-Rouvray, mardi 26 juillet, s’est confié au journal Sud-Ouest sur celui qui est entré dans sa vie en 1997 :

Malik était adorable. Crédule. Daech lui a monté la tête, retourné le cerveau. Je l’ai eu au téléphone au début du mois de juillet, il était avec son cousin à Nancy. Il m’a dit qu’il voulait venir en vacances à Bordeaux au mois d’août.

Une radicalisation éclaire qui n’est pas sans rappeler celle de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, l’auteur de l’attentat de Nice perpétré au soir du 14 juillet à l’aide d’un camion, faisant 84 morts et des dizaines de blessés sur son passage. Confiant ne pas avoir vu Abdel Malik depuis plus de trois ans, Franck Petitjean, soudeur du côté de Bordeaux, dresse ensuite un profil de celui qu’il a reconnu quelques jours à peine après sa mise au monde :

Malik était quelqu’un de très gentil. Tous ses collègues de travail, ses copains, disent qu’il était poli et serviable. Il était gardien de but dans l’équipe de football. Franchement, c’était un bon gamin. II voulait travailler comme commercial.

Séparé de la mère d’Abdel Malik depuis 2011, l’homme n’a pas caché sa surprise lorsque cette dernière l’a appelé en urgence, il y a trois mois, s’alarmant de la radicalisation entreprise par son fils :

Il y a trois mois et demi environ, mon ex-femme m’a appelé en me disant qu’elle était convoquée par l’imam d’Aix-les-Bains avec Malik. Elle m’a expliqué qu’il traînait avec des barbus. Quand j’ai voulu mettre mon fils en garde, il m’a répondu que j’étais raciste. En trois mois, ils l’ont endormi et lui ont retourné le cerveau. Dans la famille et dans son entourage personne n’a rien vu.

C’est non sans crainte que Franck Petitjean aborde ensuite le sujet de sa fille, la sœur d’Abdel Malik, affirmant :

Je n’ai aucune nouvelle. J’ai peur qu’elle se venge car elle était très proche de son frère. Je tire la sonnette d’alarme pour la sortir de là.

Interrogé par les enquêteurs au lendemain de l’acte terroriste perpétré par son fils aux côtés d’Adel Kermiche, Franck Petitjean a été libéré, aucune charge n’ayant été retenue contre lui.

Publié le samedi 30 juillet 2016 à 16:39, modifications dimanche 31 juillet 2016 à 10:09

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