Actualité

Route du Rhum: un chavirage, un accrochage et une arrivée en vue

Remportée de main de maître dimanche par Francis Joyon, la Route du Rhum est loin d’être finie et mercredi 92 bateaux étaient encore sur l’eau pour rallier Pointe-à-Pitre avec une nouvelle arrivée prévue jeudi. Et certains ont frôlé le drame.

Mercredi matin, le multicoque de 15 m (catégorie Multi50) de Lalou Roucayrol (Arkema) a chaviré à quelque 1000 milles nautiques (1852 km) de la Guadeloupe. Mardi, ce sont deux bateaux, ceux de Sébastien Destremau et du Finlandais Ari Huusela, qui se sont accrochés.

Roucayrol est sain et sauf. Mercredi à 3h30 locales (8h30 en métropole), son trimaran s’est retourné dans une mer violente. Il s’agit du 2e chavirage survenu lors de cette Route du Rhum après celui du maxi-trimaran de 32 m skippé par Armel Le Cléac’h (Maxi Banque Populaire IX), mardi 6 novembre au large des Açores (Portugal).

Lalou Roucayrol, âgé de 54 ans, avait déjà bravé durement les éléments lors d’une transatlantique épique en 2002. Lui seul avait réussi cette année-là à faire sa course sans jamais s’arrêter malgré des conditions de mer dantesques. Sur les 18 multicoques engagés, seuls trois avaient touché au but. Roucayrol avait fini 3e d’une édition remportée par Michel Desjoyeaux.

Pour sa 3e Route du Rhum, le marin aquitain a choisi de s’arrêter après 3 jours de course pour se protéger des trois dépressions balayant le golfe de Gascogne. Après 18 heures de stop, il était reparti mercredi 7 novembre.

Accident

Le skipper français Sébastien Destremau, aux Sables-d'Olonne, le 11 mars 2017

(credit photo AFP/Archives) Le skipper français Sébastien Destremau, aux Sables-d’Olonne, le 11 mars 2017

Mardi, ce sont deux bateaux qui se sont frottés l’un à l’autre. Sébastien Destremau (Alcatrazit – Face Océan), à la barre d’un monocoque de 18 m dans la catégorie des RhumMono, a percuté l’Imoca (monocoque de 18 m) d’Ari Huusela (Ariel 2), à 555 milles des côtes nord-africaines (environ 1000 km).

Les deux voiliers ont subi des dommages mais ont pu reprendre leur course.

“J’étais dans ma bannette de veille quand le bateau a empanné et s’est couché soudainement alors qu’on était à 14 noeuds de vitesse. Le temps que je sorte, le bateau s’était déjà remis sur sa trajectoire et j’ai vu le bateau d’Ari à environ 100 mètres sous mon vent. Il était visiblement très lent mais en train de s’éloigner doucement”, a raconté Destremau à la direction de course.

“Quelques minutes après, Ari m’a appelé pour me demander si j’allais bien. Il s’est ensuite confondu en excuses d’avoir occasionné cet accident. Il pensait qu’il avait la place de passer devant mon bateau…”, a poursuivi le Français dans son récit, soulagé “qu’il ne s’agisse que d’un frôlement”.

Malgré ces déboires, la flotte poursuit sa traversée et le prochain bateau à passer la ligne depuis le duel d’anthologie dimanche entre le doyen Francis Joyon (Idec Sport) et le jeune François Gabart (Macif), devrait être celui d’Armel Tripon (catégorie Multi50).

Le skipper de Réauté Chocolat trace sa route pour une arrivée estimée jeudi matin à 7h00 locales (12h00 en métropole) à la Tête à l’Anglais, au nord de l’île, selon les dernières prévisions.

Le Gallois à pleine vitesse

Le skipper britannique Alex Thomson sur son Imoca (Hugo Boss), au large de Saint-Malo, le 4 novembre 2018

(credit photo AFP/Archives) Le skipper britannique Alex Thomson sur son Imoca (Hugo Boss), au large de Saint-Malo, le 4 novembre 2018

Tripon devrait donc ainsi monter sur le podium de cette 11e Route du Rhum, aux côtés de Joyon et Gabart, à moins que le Britannique Alex Thomson (Hugo Boss), sur son puissant Imoca, ne lui passe devant.

“Je ne te cache pas que je veux aller chercher la 3e place au scratch mais Hugo Boss n’est pas si loin. L’idée est de finir devant lui”, a dit Tripon lors de sa dernière vacation.

Thomson, le Gallois ‘accro’ au Vendée Globe (course autour du monde en Imoca) qui participe pour la première fois à la transat française, n’est pas attendu à la tête à l’Anglais avant jeudi à 19h00 locales (minuit en métropole). Mais il file vite !

Après avoir atteint la Tête à l’Anglais, les bateaux doivent contourner l’île pour rejoindre la ligne au large de Pointe-à-Pitre et cela prend au minimum 6 heures en raison de zones près de la côte et sans vent.

Dimanche, il aura fallu à Joyon près de 10 heures pour réaliser ce tour et s’imposer en 7 j 14 h 21 min, avec 7 min 8 sec d’avance sur Gabart.

Publié le mercredi 14 novembre 2018 à 15:11, modifications mercredi 14 novembre 2018 à 15:11

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !