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Rixe à Orly: les rappeurs Booba et Kaaris en attente d’être jugés à Créteil

Après leur violente bagarre de mercredi à l’aéroport d’Orly, dont les images ont fait le tour des réseaux sociaux, les frères ennemis du rap français Booba et Kaaris et leurs clans attendaient vendredi à Créteil d’être jugés pour violences volontaires.

La star du rap français, 41 ans, et son ex-poulain Kaaris, 38 ans, ont passé les deux dernières nuits en garde à vue. Leur audience était attendue en fin d’après-midi ou dans la soirée devant le tribunal correctionnel.

Ils doivent être jugés en comparution immédiate pour violences aggravées avec neuf proches ayant pris part à la rixe. Trois autres personnes qui avaient également été placées en garde à vue ont été libérées.

Certains, dont les deux rappeurs, seront aussi jugés pour vol aggravé, pour avoir notamment pris des bouteilles dans un magasin pour frapper leurs rivaux.

Les prévenus risquent jusqu’à sept ans de prison et 100.000 euros d’amende, selon le parquet.

La défense de Booba comptait obtenir vendredi après-midi un renvoi de l’audience à une date ultérieure en raison notamment du nombre important de prévenus.

L’audience, attendue sur place par de nombreux journalistes, quelques curieux et des supporteurs des deux clans, doit exceptionnellement avoir lieu dans la salle de la cour d’assises, équipée de deux boxes qui permettront de séparer les deux rappeurs, devenus rivaux après avoir été très proches.

Mercredi, tous deux devaient prendre un vol à Orly pour se rendre chacun de leur côté à Barcelone, où ils devaient se produire dans la soirée. Mais avant d’embarquer, leurs deux clans se sont violemment affrontés sous les yeux de passagers éberlués, dont certains ont filmé la scène.

Les vidéos montrent les deux rappeurs en train de s’invectiver, avant que la scène ne dégénère : échanges de coups de poing et de pied, et bagarre générale impliquant une dizaine d’hommes, au milieu des voyageurs et dans une boutique de duty-free.

“Légitime défense”

Cette bataille rangée a entraîné de légers retards de vol et la fermeture temporaire du hall d’embarquement où elle a eu lieu.

Aéroports de Paris a déposé plainte pour “trouble à l’ordre public avec préjudice d’image et financier”, ainsi que pour “mise en danger de la vie d’autrui”. Selon la société, la bagarre a en effet empêché la mise en place d’un périmètre de sécurité autour d’un bagage abandonné.

Une deuxième plainte a été déposée par Air France, qui a chiffré à 8.500 euros son préjudice dû aux retards subis par plusieurs de ses appareils.

Le gérant de la boutique de duty-free a également déposé plainte, faisant état de 54.000 euros de dégâts, selon cette même source.

L’affaire a fait réagir jusqu’au ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, qui s’est félicité du placement en garde à vue des deux hommes. “Si des rappeurs (…) pouvaient éviter de (…) provoquer l’embouteillage de tout un aéroport, ce serait bien”, a-t-il ajouté.

Par avocats interposés, les deux rappeurs s’accusent aujourd’hui mutuellement d’avoir provoqué l’affrontement.

Le clan de Kaaris “est à l’initiative” et “le groupe de Booba a d’abord chercher à se défendre”, avant de prendre “le dessus” sur son adversaire, affirme ainsi Me Yann Le Bras, avocat de Booba, en plaidant la “légitime défense”.

Me David-Olivier Kaminski, l’un des avocats de Kaaris, estime au contraire que son client a fait “l’objet d’une attaque en règle” de la part du clan rival.

S’il y a renvoi de l’audience, il espère que Kaaris “puisse retrouver la liberté” dès aujourd’hui : “Il n’a pas choisi d’être ici, il s’est légitimement défendu”.

Les rappeurs, qui à l’origine s’affrontaient plutôt lors de joutes verbales dans les cités, devant un public prêt à acclamer ou +chambrer+, ont ces dernières années trouvé sur les réseaux sociaux un nouveau terrain de jeu pour se “clasher”.

Mais ce “rap game” et ces “clashs” peuvent aller plus loin.

Booba s’est déjà battu en 2013 avec le rappeur La Fouine, à Miami. En 2014, c’est un autre de ses rivaux, Rohff, qui avait violemment agressé un vendeur distribuant la marque de vêtements de Booba dans une boutique parisienne, des faits qui lui ont valu une condamnation à cinq ans de prison.

Publié le vendredi 3 août 2018 à 18:45, modifications vendredi 3 août 2018 à 18:45

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