Actualité

Retour forcé de l’Afghane aux yeux verts du National Geographic

L’Afghane Sharbat Gula, qui avait fait la une d’une des plus célèbres couvertures du National Geographic va être expulsée du Pakistan où elle vivait réfugiée.

Sharbat Gula était devenue le symbole de l’Afghanistan en guerre alors que son visage avec ses grands yeux verts mis en valeur par un foulard rouge avait été pris en photo dans un camp de réfugiés afghans de Nasir Bagh, au Pakistan. Le cliché immortalisé par le photographe américain Steve McCurry en 1984 avait fait la une du magazine National Geographic.

Cette couverture avait propulsé l’adolescente de 13 ans au rang d’icône du peuple afghan dont le pays était sous le joug soviétique et est restée parmi les plus célèbres de l’histoire du magazine américain.

Sharbat Gula a été arrêtée fin octobre au Pakistan et est accusée, comme des milliers d’autres réfugiés afghans, d’avoir obtenu frauduleusement une carte d’identité pour pouvoir résider sur le sol pakistanais.

Cette mère de quatre enfants, analphabète, a plaidé coupable. Le tribunal l’a condamnée à 15 jours de prison et une amende de 110 000 roupies (950 euros), et ordonné son expulsion. Ses enfants doivent rentrer avec elle. Quant à son mari, il serait décédé. Ayant déjà passé onze jours en prison avant son procès, elle devrait être libérée lundi 7 novembre, une fois sa peine purgée. La cour a également ordonné son expulsion, qui devrait intervenir dès sa libération.

Un représentant du consulat afghan à Peshawar a annoncé avoir payé l’amende et confirmé son retour :

Nous l’emmènerons en Afghanistan d’une façon digne lundi.

A ainsi déclaré à l’AFP Abdul Hameed Jalili, le conseiller chargé des réfugiés au consulat.

Pour les autorités de Kaboul, il s’agit de prouver que le pays est en état d’accueillir dignement une citoyenne aussi connue

Elle sera bientôt libérée d’une vie incertaine de réfugiée en rentrant dans son propre pays dont elle est une icône nationale.

A déclaré l’ambassadeur afghan au Pakistan et cité dans un post Instagram de Steve McCurry.

Dans le même temps, Amnesty International a vivement condamné son expulsion :

Pendant des décennies, elle fut la réfugiée la plus célèbre du monde et vue comme le symbole de la généreuse hospitalité du Pakistan. A présent (…), son sort est devenu emblématique du cruel traitement que réserve le Pakistan aux réfugiés afghans.

S’est désolée la directrice de l’ONG pour l’Asie du Sud dans un communiqué.

En effet, Sharbat Gula illustre la détresse de la plupart des réfugiés afghans à l’idée d’être renvoyés dans leur pays, où la guerre sévit toujours. Des centaines de milliers de réfugiés sont retournés en Afghanistan depuis juillet dernier, laissant craindre une crise humanitaire de grande ampleur.

Après avoir accueilli les Afghans pendant des décennies, depuis l’invasion soviétique de 1979, le Pakistan a accentué, ces derniers mois, la pression sur l’expulsion des réfugiés. En effet, le pays aurait enregistré jusqu’à 1,4 million de réfugiés, selon le Haut Comité aux Réfugiés. Ce qui place le Pakistan au troisième rang des pays accueillant le plus de réfugiés au monde.

Publié le samedi 5 novembre 2016 à 17:06, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:24

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !