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Programmes scolaires : En désaccord avec Jean-Michel Blanquer, Michel Lussault démissionne

Michel Lussault a annoncé mardi qu’il démissionnait de son poste qu’il occupait depuis 2014. Il s’est dit en profond désaccord avec le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer.

Michel Lussault, le président du Conseil supérieur des programmes (CSP) a annoncé mardi 26 septembre sa démission dans les colonnes du Monde. Créé par la loi de refondation de l’école, en 2013, le Conseil supérieur des programmes est chargé de veiller à une conception des programmes indépendante et non-dogmatique.

En 2015, il avait notamment planché sur la réforme des collèges. L’ancien géographe français a reproché à Jean-Michel Blanquer de « multiplier, sans discussion ni concertation, les annonces souvent unilatérales et idéologiques ». « Erreur politique », comportement « discourtois », « mépris » et « désinvolture »… Autant de critique adressée au ministre de l’Education nationale.

De mauvaises relations depuis l’installation du gouvernement.

J’ai eu le sentiment qu’il ne connaissait pas vraiment ce que nous avions fait. Et n’avait pas la volonté de nous confier quoi que ce soit. Dans ces conditions, il devenait difficile pour moi d’envisager un maintien, ce que je n’ai pas caché au ministre”.

A-t-il expliqué pour justifier sa décision.

Ainsi, Michel Lussault a déclaré vouloir renoncer à ses missions en raison d’un certain « mépris » affiché, selon lui, par le ministre.

Pour prouver cette indépendance, il aurait suffi de donner au CSP de nouvelles missions. Au lieu de cela, le ministre multiplie, sans discussion ni concertation, les annonces souvent unilatérales et idéologiques. A l’opposé du pragmatisme revendiqué.

En outre, le bât blesse également au niveau de l’image et de la méthode affichée par Jean-Michel Blanquer :

Ses multiples annonces, tout comme sa présence à la Une de médias sont autant de gestes profondément politiques. Montrant qu’il sort de sa ligne annoncée de modération, de prudence et de pragmatisme. A mon sens, il commet une erreur politique.

A ainsi déploré celui qui a été nommé en 2014 par Najat Vallaud-Belkacem

En effet, depuis sa nomination, Jean-Michel Blanquer a multiplié les annonces, souvent jugées polémiques, notamment sur les évaluations en CP et les rythmes scolaires. Selon Michel Lussault, il a remis en cause « des évolutions qui avaient été longuement discutées pendant les années précédentes ». Au cours de son interview dans Le Monde, Michel Lussault a également défendu son bilan à la tête du Conseil supérieur des programmes.

Il a notamment fait référence à la réécriture du « socle commun » et des programmes du primaire et du collège.

Je démissionne pour envoyer peut-être un message au ministre, au ministère. Pour essayer d’arrêter le jeu qui est lancé depuis quelques semaines. Qui consiste à agiter un certain nombre de sujets. Et à satisfaire ce que je crois être quelques bas instincts d’une clientèle politique », a-t-il précisé.

Réaction concise

Nous avons bien pris note de la démission de M. Lussault.

Telle a été la réaction du cabinet du ministre de l’Education nationale.

Plus tard dans la journée, sur RTL, Jean-Michel Blanquer a estimé que c’était «le choix de M. Lussault de démissionner ».

Le simple fait qu’il utilise des termes outranciers pour le justifier le disqualifie pour la fonction qu’il exerçait, donc il en tire les conséquences. Cela ne me gêne pas du tout, ce n’est pas un problème.

Publié le mercredi 27 septembre 2017 à 11:11, modifications mercredi 27 septembre 2017 à 12:25

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