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Procès Fiona : Berkane Makhlouf, un beau-père à la dérive

Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf comparaissent depuis lundi devant la cour d’assises du Puy-De-Dôme pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner » sur une jeune enfant, la petite Fiona, la fille biologique de Cécile Bourgeon. La dépouille de la malheureuse victime n’a jamais été retrouvée. Le beau-père continue de nier les faits.

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Berkane Makhlouf s’est confié, à la barre, sur son quotidien, à l’époque des faits. Les deux parents étaient dans un état avancé d’addiction et de consommation au quotidien de produits stupéfiants dans les différentes pièces de l’appartement sans se cacher du regard de leurs enfants en bas âge (dans la cuisine, dans la chambre du couple). La jeune enfant était témoin de ces scènes surréalistes et calamiteuses pour une petite fille. Fiona était âgée de cinq ans au moment du drame. Sa petite sœur Eva souffrait également du mauvais traitement et des conditions de vie désastreuses imposées par leurs parents. Les deux enfants évoluaient dans un environnement malsain où la drogue était devenue une banalité du quotidien.

Mais cette horrible banalité aux yeux des parents se transformera malheureusement en bombe à retardement. La dérive vers la toxicomanie et la perte de repères, de discernement et de jugement de la part des parents vis-à-vis de leur comportement et de leurs gestes envers Fiona et Eva tiennent un rôle important dans l’horrible drame et la tragédie de la disparition de la petite Fiona.

Selon des informations de L’Express, Berkane Makhlouf s’est confié à la barre et est revenu sur ce quotidien ou la drogue semblait prendre une part plus importante que l’attention, l’amour, l’affection et l’éducation que les deux parents auraient dû éprouver pour Fiona et Eva. Le beau-père de la petite Fiona a indiqué qu’ils « sniffaient » partout, que les enfants les « voyaient faire ». Ils emmenaient parfois les deux enfants avec eux dans leurs escapades nocturnes dans des squats « pour éviter de les laisser sans surveillance ». Le couple ne se privait pas de sorties en boite de nuit durant lesquelles ils abandonnaient Fiona et Eva, seules dans l’appartement situé dans la ville de Clermont-Ferrand.

Berkane Makhlouf a évoqué cette toxicomanie sévère et dangereuse, cette « spirale [de la] défonce », surtout à proximité d’enfants en bas âge. C’est à cette époque de prises massives de drogue par le couple qu’est intervenue la disparition tragique de la petite Fiona, il y a trois ans et demi. La liste des stupéfiants consommés par le couple a été évoquée dans cette première journée du procès : de l’héroïne, de la cocaïne, des champignons hallucinogènes, du crack, du LSD, de l’ecstasy et même de la kétamine.

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Berkane Makhlouf est apparu très amaigri à la barre. Il suit un traitement lourd d’anxiolytiques et d’antidépresseurs. Le beau-père de Fiona a fait une confession tragique :

Peut-être que si on n’avait pas consommé tout ça, on ne serait pas là.

Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf encourent jusqu’à trente ans de prison à l’issue du procès. L’enquête n’a pas permis d’obtenir de réponses sur les circonstances tragiques qui entourent la disparition de la petite Fiona. Les deux parents sont les seuls à savoir le déroulé des faits précis et exacts.

Cécile Bourgeon avait porté ses accusations et confié aux enquêteurs la responsabilité du drame à Berkane Makhlouf. Selon elle, son compagnon aurait asséné une série de coups très violents à Fiona. La petite fille se serait relevée dans la nuit pour vomir. Elle se plaignait également de fortes douleurs au ventre. Les parents n’auraient pas conduit l’enfant à l’hôpital. Ce n’est que le lendemain matin que son corps inanimé aurait été découvert dans son lit par les parents. Berkane Makhlouf, le beau-père de Fiona, nie l’ensemble de ces accusations. Il clame son innocence dans le drame qui a frappé Fiona.

J’ai beau être impulsif, je ne m’en suis jamais pris aux enfants, je n’ai jamais levé la main sur eux. Pour moi, les enfants, c’est sacré. La seule chose que je me suis permis, c’est de mettre une fessée de temps en temps.

Le couple est derrière les barreaux depuis 2013. Les deux parents ont changé leurs versions de faits à de multiples reprises. Cécile Bourgeon avait dans un premier temps expliqué qu’elle avait perdu sa fille dans un parc à Clermont-Ferrand le 12 mai 2013. Puis elle avait décidé d’avouer la responsabilité de son compagnon le beau-père de Fiona, Berkane Makhlouf, suite à une série de coups violents. Les deux parents avaient menti aux médias, aux autorités et aux enquêteurs pendant de nombreuses semaines cachant ce drame et laissant penser que Fiona était toujours vivante et que l’espoir de la retrouver subsistait.

L’affaire repose malheureusement sur les déclarations de la mère et du beau-père de Fiona. La suite du procès pourrait s’avérer déterminante et apporter des réponses pour la mémoire de Fiona et pour son père biologique.

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Publié le mardi 15 novembre 2016 à 15:56, modifications mercredi 2 août 2017 à 10:57

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