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Prison ferme pour les deux fausses victimes des attentats de Paris et Nice

Un couple de fausses victimes des attentats de Paris et de Nice avait escroqué le Fonds de garantie des victimes du terrorisme. Les deux individus ont été condamnés à de la prison ferme.

Un couple originaire de Cannes, parent de deux enfants de six et sept ans avait prétendu être présent aux abords du Stade de France, à Saint-Denis, au moment des explosions. La mère de famille de 29 ans avait même soutenu avoir été «soufflée» par une explosion lors de l’attentat. Les deux fausses victimes avaient alors ouvert un dossier au fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme (FGTI).

Cependant, les deux escrocs ne s’étaient pas contentés de ce mensonge. En effet, ils avaient récidivé au moment de l’attentat de Nice sur la Promenade des Anglais le 14 juillet 2016.

Ayant des soupçons sur la véracité et la coïncidence des témoignages, le FGTI avait alors saisi les services de police.

Ensuite, l’enquête a établi, notamment à partir de témoignages, que le soir du 13 novembre, le couple était en fait à Antibes, et non à Paris comme ils le prétendaient.

Les deux étaient bien présents à Antibes le 13 novembre au soir, la téléphonie de madame l’atteste

A ainsi expliqué le procureur de la République Georges Gutierrez lors de l’audience en ajoutant :

Les juges antiterroristes de Paris nous ont dit qu’aucun des deux prévenus n’était à Paris.

Finalement, l’homme et la femme étaient parvenus à extorquer à l’Etat 30.000 euros chacun.

Après avoir nié les faits durant leur audition par les enquêteurs, les deux habitants de Cannes, au RSA et déjà connus de la justice, ont finalement reconnu avoir menti devant le tribunal.

Mais qui a eu cette brillante idée ?

S’est étonné le président du tribunal, Alexandre Julien.

On a eu beaucoup de problèmes à la suite de menaces de mort de personnes qui voulaient récupérer de l’argent dû par un ami incarcéré de mon compagnon. Voilà ce qui m’a poussé à le faire.

S’est justifiée la prévenue.

La somme récoltée leur aurait servi « à faire plaisir à leurs enfants » et à acheter plusieurs véhicules pour l’activité de négociant automobile de l’époux. Par conséquent, il semble que l’intégralité des sommes a déjà été dépensée.

Pour Maître Pierre Andrenai, l’un de leurs avocats, leur escroquerie n’était pas vraiment réfléchie :

Ce sont des branquignols, des délinquants de petit niveau. Ce n’est pas en étant en détention qu’ils pourront rembourser.

Pourtant, dans ses réquisitions, le procureur de la République a qualifié les deux individus de

 Charognards de la République, de prédateurs qui profitent de la misère des autres.

Pour ce motif, il avait requis cinq ans de prison ferme pour l’homme, déjà condamné pour des affaires d’escroqueries et de faux en usage de faux. Il avait réclamé 30 mois de prison pour sa compagne.

Ainsi, ce jeudi 8 décembre, le tribunal correctionnel de Grasse a condamné le couple à six ans et trois ans de prison ferme.

Les fausses victimes ont également l’obligation de rembourser le gain de l’escroquerie.

Il s’agit là des plus lourdes peines jamais prononcées dans ce type de dossier.

Pourtant, la cour a indiqué vouloir faire

Une application particulièrement stricte de la loi dans un souci d’exemplarité pénale.

Publié le vendredi 9 décembre 2016 à 10:31, modifications vendredi 9 décembre 2016 à 10:08

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