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Primaire à droite : Les propositions de François Fillon

Actuel favori de la primaire à droite, François Fillon propose un programme dont le libéralisme économique se dispute le conservatisme sociétal.

Arrivé en tête du premier tour de scrutin avec plus de 44% des voix, François Fillon a largement devancé ses rivaux, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy.

Avec un programme électoral qui n’a pas varié depuis son entrée en campagne, l’ancien Premier ministre se pose en défenseur de la rigueur, très libéral sur le plan économique, mais aussi très conservateur lorsqu’il s’agit des questions de société.

Petit rappel de ses principales propositions :

  • Economie et emploi :

Ainsi, alors que François Fillon déplorait en 2007 être à la « tête d’un Etat en faillite », il souhaite procéder à 100 milliards d’euros économies dans la sphère publique. Par conséquent, le favori du premier tour promet de faire faire une cure d’austérité sévère à la France, avec notamment 500 000 suppressions de postes dans la Fonction Publique d’ici à 2022 :

Un tiers sera assumé par l’Etat avec un retour aux 39 heures pour les fonctionnaires et 20% des économies proviendront des collectivités locales.

Le reste sera supporté par les administrations de sécurité sociale grâce, entres autres, au passage de l’âge de la retraite à 65 ans et au plafonnement des allocations chômages.

Concernant les ménages, la baisse des prélèvements prendra la forme du rétablissement de l’universalité des allocations familiales, du relèvement du plafond du quotient familial et de la suppression la cotisation salariale maladie.

De plus, François Fillon propose de supprimer l’ISF. Cependant, pour compenser cette baisse de recettes fiscales, il propose une hausse de deux points de la TVA :

pour favoriser la transmission d’entreprises et l’investissement.

Du côté de l’emploi, François Fillon souhaite revenir sur la durée légale hebdomadaire du travail : la loi ne fixerait plus que le maximum autorisé par l’Europe, soit 48 heures.

Il veut introduire le motif de réorganisation de l’entreprise dans les procédures de licenciement collectif :

Pour faciliter l’adaptation des entreprises à leur contexte concurrentiel.

Le candidat plaide pour le doublement des seuils sociaux, la baisse à 16 ans de l’âge minimal des auto-entrepreneurs et compte supprimer les emplois aidés dans le secteur public.

  • Sécurité et justice :

Face à la menace terroriste, François Fillon veut s’approprier la proposition de François Hollande : la déchéance de nationalité. Ainsi, il veut retirer la nationalité aux Français partis en Syrie ou en Irak et leur interdire de revenir sur le territoire.

Il veut créer un grand ministère de l’intérieur rassemblant toutes les forces qui concourent à la sécurité : police, gendarmerie, administration pénitentiaire, douanes. Par ailleurs, il souhaite que la police municipale soit armée et la création de 16.000 places de prison.

  • Société et laïcité :

Le programme de François Fillon se veut plus conservateur que son concurrent.

Alors qu’Alain Juppé veut garder la loi sur le mariage pour tous telle quelle, François Fillon propose de la réécrire partiellement en retirant l’adoption plénière aux couples homosexuels. Il souhaite aussi rétablir le contrat de responsabilité parentale, supprimé en 2013, afin de permettre la suspension des allocations familiales en cas d’absentéisme ou de comportements irrespectueux des valeurs fondamentales de la République.

De plus, il s’oppose à l’interdiction des signes religieux dans l’espace public, que réclamaient certains de ses concurrents, tels que Nicolas Sarkozy.

Il n’y a pas de problème religieux en France. Il y a un problème lié à l’islam.

Dans son essai Vaincre le totalitarisme islamique, François Fillon avait en effet mis en cause la religion musulmane. L’ancien Premier ministre estimait que :

L’invasion sanglante de l’islamisme dans notre vie quotidienne pourrait annoncer une Troisième Guerre mondiale.

Pour contrer cette menace, il veut, en cas d’élection à l’élection présidentielle de 2017 :

Réorganiser en profondeur l’Etat régalien, avec, notamment un outil de renseignement rendu plus efficace”, la création, sur tout le territoire, de deux ou trois nouvelles cours d’assises spéciales.

  • Education :

Là encore, comme beaucoup d’autres candidats à droite, François Fillon veut que les établissements scolaires soient plus autonomes.

Il est également favorable à une revalorisation salariale des enseignants en fonction du mérite.

Du côté des élèves, il entend avancer la scolarité obligatoire à 5 ans et à supprimer l’obligation des devoirs maison à l’école primaire.

  • Climat et environnement :

En matière de climat, François Fillon montre qu’il a bien assimilé ce qui s’est décidé l’an dernier, lors de la Conférence de Paris, concernant l’enjeu de contenir le réchauffement climatique global en deçà de 2°C. Audacieux, il va même jusqu’à se défendre l’idée que la France s’affranchisse de toute électricité produite à partir de ressources fossiles (charbon, pétrole et gaz) « dès que possible ».

Le candidat développe par ailleurs des propositions relatives à la qualité de l’eau, au recyclage des déchets, aux circuits courts ou encore à la gouvernance environnementale, détaillant assez clairement ses visions, entre autres sa volonté de faire primer la décision locale sur celle de l’Etat lors de certains projets d’aménagements.

Enfin, il défend la simplification des normes, la libéralisation des marchés agricoles et énergétiques ainsi que l’abandon du principe de précaution à des fins de compétitivité.

  • International et diplomatie :

François Fillon n’a jamais caché pas sa proximité de vue avec le président Russe Vladimir Poutine. Par conséquent, l’ancien chef de gouvernement prône une alliance avec la Russie pour combattre le groupe Etat islamique, n’hésitant pas à aller à rebours des positions actuelles de la diplomatie française.

Dans une tribune publiée par Marianne, François Fillon avait défendu la politique de Moscou en Russie, accusée de défendre le dictateur Bachar El-Assad contre les rebelles modérés :

Que Moscou ait ses propres intérêts dans la région est évident, mais qui n’en a pas au Moyen-Orient ?

Pour finir, il veut renforcer les relations de la France avec l’Iran.

Publié le lundi 21 novembre 2016 à 13:45, modifications lundi 21 novembre 2016 à 13:55

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