Politique

Xavier Bertrand a-t-il trahi ses engagements de campagne ?

Afin de respecter son engagement de non cumul des mandats, Xavier Bertrand a discrètement fait voter une augmentation de ses indemnités pour compenser le manque à gagner… pratique !

En devenant Président de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand a quitté ses fonctions de député-maire (député de la 2ème circonscription de l’Aisne et maire de Saint Quentin), comme il l’avait promis dans son programme de campagne aux élections régionales.

Il est donc contre le cumul des mandats et le prouve ! Cependant alors qu’il avait annoncé vouloir :

Une façon radicalement nouvelle de faire de la politique.

Il s’est heurté à la dure loi du portefeuille. En effet, en démissionnant de ses deux mandats, le président de région a aussi perdu les salaires qui s’y rattachaient.

Alors qu’il gagnait environ 7 300 euros brut par mois, additionnés de l’indemnité représentative des frais de mandats d’un montant de 5 108 euros brut mensuels (sans compter la gratuité de ses déplacements sur le réseau SNCF, 12 vols alloués par an), voilà son salaire réduit à quelques 6 700 euros brut par mois pour être à la tête de la région.

Si j’étais resté député, ma situation aurait été plus confortable car je percevrais les mêmes indemnités, mais l’IRFM en plus.

S’est justifié Xavier Bertrand dans les colonnes de La Voix du Nord

L’élu Les Républicains a donc décidé d’aligner ses nouvelles indemnités avec celles qu’il percevait avant, soit une augmentation mensuelle de 4 000 euros bruts.

Interrogé par le quotidien régional, Xavier Bertrand assume son choix :

Je précise que je suis 5 % en dessous du maximum, conformément à ce que j’ai demandé aux élus régionaux (…) Je ne regrette rien de mon choix. Si j’avais décidé de faire de l’argent, j’aurais certainement fait autre chose que de la politique. Entre avant et après, je gagne même moins que ce que j’avais auparavant.

Les proches collaborateurs de Xavier Bertrand soulignent que :

L’indemnité versée par l’agglomération n’a rien d’illégal et qu’elle n’a pas été cachée puisque le vote du 26 janvier a été public. Non-cumul ne doit pas dire paupérisation des élus. Et qu’importe si ça chatouille un peu les observateurs un peu trop attachés à l’éthique (politique).

En réponse aux attaques, l’ex-ministre a publié un tableau sur son compte Twitter :

Le problème relève donc davantage d’une affaire de principe et de gestion de la communication, surtout si on reprend l’axe central de communication de Xavier Bertrand ces derniers mois :

Je ne supporte plus la politique nationale, cette politique où tout le monde pense à son nombril. Tout le monde dit ‘j’ai compris’ et ne fait rien.

Dorénavant la droiture de ses propos risque d’être remise en question et son entourage a bien conscience de l’image dévastatrice que va avoir cette affaire auprès des électeurs ; l’un d’eux admet :

Il est atteint. C’est évident que cette histoire va écorner son image.

Publié le samedi 2 avril 2016 à 14:15, modifications samedi 2 avril 2016 à 14:15

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