Politique

Visite d’Etat aux Etats-Unis : Emmanuel Macron s’est exprimé, avec succès, devant le Congrès américain

Au dernier jour de sa visite présidentielle aux États-Unis, Emmanuel Macron s’est exprimé devant un Congrès visiblement conquis. L’occasion d’aborder, sans Donald Trump, le climat, le commerce international ou encore l’Iran.

La visite présidentielle d’Emmanuel Macron aux États-Unis s’achevait ce mercredi 25 avril par un long discours devant le Congrès américain. Accueilli par une standing-ovation de plus de trois minutes, certains élus criant même « Vive la France ! », le chef de l’Etat a par ailleurs longuement insisté sur les liens tissés entre les deux pays au cours de l’Histoire. S’il a mis l’accent sur l’amitié franco-américaine, le président de la République n’a pas hésité à critiquer son homologue américain sur plusieurs sujets.

En effet, Emmanuel Macron a livré un discours de 50 minutes, intégralement en anglais.

C’est un honneur pour la France, pour les Français et moi-même que d’être reçu dans ce temple de la démocratie où une si grande part des États-Unis s’est écrit. Nous sommes entourés d’images, de portraits qui nous rappellent que la France a participé à l’Histoire des États-Unis.

Pourtant, malgré cette proximité historique entre la France et les États-Unis, le président de la République n’a pas pris de gants pour attaquer Donald Trump. Nationalisme, nucléaire en Iran, écologie ou encore fake news… Autant de sujets sur lesquels Emmanuel Macron a affirmé son opposition au président de la première puissance mondiale.

Sur l’Iran et l’accord sur le nucléaire

Il s’agit de l’un des sujets qui agitent la communauté internationale. Le dossier est devenu d’autant plus d’actualité depuis que les présidents Macron-Trump ont annoncé mardi 24 avril leur intention « de travailler ensemble sur un nouveau texte ». Ce qui semblerait vouloir dire qu’à plus ou moins long terme, qu’il viendra remplacer l’actuel accord sur le nucléaire iranien.

Notre objectif est clair : l’Iran n’aura jamais l’arme nucléaire. Pas maintenant, pas dans cinq ans, pas dans dix ans. Jamais. Mais cette politique ne devrait jamais nous mener à la guerre au Moyen-Orient. Nous devons garantir la stabilité. Respecter la souveraineté des États, y compris celle de l’Iran, qui est une grande civilisation. Ne produisons pas les erreurs du passé dans la région. Ne créons pas nous-mêmes de nouvelles guerres.

A martelé Emmanuel Macron, alors que Donald Trump a déjà posé la date du 12 mai comme ultimatum à ses alliés européens pour qu’ils « remédient aux terribles lacunes » du texte de l’accord.

Sur le climat et l’accord de Paris

Un jour, les États-Unis rejoindront l’accord de Paris.

Emmanuel Macron a une nouvelle fois frappé fort. Après son mémorable « make our planet great again », le chef de l’Etat a affiché une certaine sérénité avec cette petite phrase prononcée devant le Congrès américain.

Je crois à un avenir pour nos enfants. Nous devons leur offrir une planète que nous pourrons encore habiter dans 25 ans. Reconnaissons-le, il n’y a pas de planète B.

En outre, évoquant les « désaccords » qu’il a avec Donald Trump, comme il y en a dans « toutes les familles », Emmanuel Macron a assené, devant les applaudissements nourris du Congrès, et plus particulièrement des élus démocrates, debout à chaque allusion au climat :

Certains considèrent qu’il est plus important de protéger les industries et emplois actuels. Je crois que nous devons trouver une transition douce vers une économie moins carbonée.

Sur les taxes douanières et une guerre commerciale

Toujours aussi à l’aise avec les effets de style, Emmanuel Macron s’est lancé dans une longue anaphore en « je crois » :

Je crois à ces droits, à ces valeurs, je crois que nous pouvons lutter contre l’ignorance par l’éducation. Je crois à l’action concrète. (…) je crois à la libération de l’individu. Je crois à l’utilité à et la force des marchés…

Bref, un moyen de mettre en garde l’administration Trump sur les effets néfastes d’une éventuelle guerre commerciale. Dans le cas où Donald Trump mettrait à exécution ses menaces de nouvelles taxes douanières sur l’acier et l’aluminium.

Nous avons besoin d’échanges commerciaux équitables et libres. Une guerre commerciale qui opposerait des alliés ne serait pas cohérente. Cela ne mènera qu’à la destruction des emplois, à l’augmentation des prix et c’est la classe moyenne qui paiera au bout du compte.

A-t-il plaidé devant les 100 Sénateurs et les 435 Représentants réunis. Sur ce point, la France et l’Europe seront fixés le 1er mai, date de l’exemption de ces taxes pour l’Union européenne.

Sur le protectionnisme

Emmanuel Macron a également dénoncé la tentation du « nationalisme et d’isolationnisme ».

Ce sont les États-Unis qui ont inventé le multilatéralisme, c’est vous qui devez agir pour le préserver et le réinventer. Ce multilatéralisme fort ne fera pas planer une ombre sur notre identité. Bien au contraire. Un multilatéralisme fort permettra à notre culture de prospérer librement”.

A-t-il défendu.

Enfin, Emmanuel Macron a terminé son discours en insistant une nouvelle fois sur l’amitié qui lie les deux pays en citant, en français, Charles de Gaulle :

Rien n’importe plus à la France que l’attachement et l’amitié des Américains, de ce grand peuple. Longue vie à l’amitié entre les États-Unis et la France.

Publié le jeudi 26 avril 2018 à 11:52, modifications jeudi 26 avril 2018 à 10:48

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