Politique

Thierry Solère placé en garde à vue pour soupçons de fraude fiscale et de corruption

Le député La République en Marche, Thierry Solère a été placé en garde à vue pour soupçons de fraude fiscale et corruption

Thierry Solère, le député La République en Marche des Hauts-de-Seine, a été placé en garde à vue mardi 17 juillet dans la matinée matin par la police judiciaire de Nanterre. Cette arrestation s’inscrit dans le cadre de l’enquête qui le vise pour fraude fiscale et corruption.

Levée de son immunité parlementaire

Le parquet de Nanterre avait demandé la semaine dernière la levée de l’immunité de Thierry Solère. En outre, cette demande avait été relayée par l’intéressé lui-même. En effet, il avait indiqué qu’il souhaitait « être entendu » selon une information du Journal du Dimanche.

Je demande depuis un an à être entendu dans cette enquête ! Et je ne souhaite pas m’abriter derrière cette immunité.

A-t-il déclaré.

Ainsi, le bureau de l’Assemblée nationale a décidé mercredi 11 juillet « à l’unanimité » de lever l’immunité parlementaire du député LREM. La plus haute instance collégiale de l’Assemblée, composée de 22 députés, a été unanime. Par ailleurs, plusieurs de ses membres ont souligné que cette levée d’immunité était « conforme à la demande de l’intéressé ».

Une plainte de Bercy

L’élu des Hauts-de-Seine fait l’objet depuis 2016 d’une enquête préliminaire menée par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). Une plainte avait été déposée par Bercy à la suite d’informations révélées par Mediapart

Ainsi, les faits dont est soupçonné Thierry Solère remontent à 2010-2013. A l’époque, il était conseiller régional Les Républicains d’Ile-de-France et lieutenant de Bruno Le Maire. En outre, l’élu travaillait en parallèle comme conseiller stratégique dans le privé, « cumulant son mandat parlementaire avec un poste qui lui rapporte 12.000 euros par mois », avait détaillé Mediapart en septembre 2016. Il est donc soupçonné d’avoir favorisé d’anciens employeurs. De plus, il doit être entendu sur l’embauche de l’épouse de l’un de ses anciens patrons. Ainsi que des prêts non déclarés.

Sur ce dernier sujet, à l’été 2017, Le Canard enchaîné avait lui aussi mentionné dans ses colonnes que Thierry Solère avait « omis de régler une partie de ses impôts sur le revenu de 2010 à 2013, ainsi que la taxe foncière de la dernière année ». Selon le journal satyrique, « cet oubli lui avait valu une saisie arrêt sur salaire ». Pour sa défense, Thierry Solère, qui alors présidait la commission d’organisation de la primaire à droite en vue de la présidentielle, avait expliqué avoir « fait l’objet d’un contrôle classique en 2012 ».

Il s’est terminé il y a deux ans sans application de la pénalité de 80% qui sanctionne la fraude fiscale. Je n’ai commis aucun délit fiscal. Je suis parfaitement à jour de tous mes impôts. Et la Haute autorité pour la transparence de la vie politique m’a donné quitus de ma déclaration en date du 2 juin 2015.

S’était justifié le député.

Jean-Jacques Urvoas également mis en examen

Ce dossier a eu des conséquences collatérales inattendues. En effet, Jean-Jacques Urvoas, l’ancien garde des Sceaux sous François Hollande a également été mis en examen en juin dernier par la Cour de justice de la République. Il est soupçonné d’avoir transmis à Thierry Solère des éléments sur cette enquête.

Publié le mercredi 18 juillet 2018 à 11:00, modifications mercredi 18 juillet 2018 à 9:58

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