Politique

Selon Marine Le Pen, Emmanuel Macron « jette » François Bayrou « comme un vieux torchon »

Marine Le Pen s’est exprimée sur la décision du Président de la République Emmanuel Macron et du Premier ministre Edouard Philippe de procéder à un remaniement plus large que prévu. Ce revirement spectaculaire intervient suite aux accusations d’emplois présumés fictifs concernant des attachés parlementaires issus du parti du MoDem.

Marine Le Pen n’a pas manié la langue de bois en commentant le remaniement, plus important que prévu, au sein du gouvernement.

François Bayrou jeté « comme un vieux torchon » par Emmanuel Macron selon Marine Le Pen

Selon des informations de BFM TV, la présidente du Front National a commenté cette décision radicale. Marine Le Pen a donné son avis tranché sur la question dans la journée de mercredi. Elle a effectué cette déclaration peu avant son entrée à l’Assemblée nationale. Marine Le Pen a estimé qu’Emmanuel Macron s’était « servi » de François Bayrou pendant la campagne présidentielle avant de le jeter « comme un vieux torchon ». La nouvelle députée du Pas-de-Calais a dressé ce constat accablant aux côtés des autres élus FN à l’Assemblée.

Je pense qu’Emmanuel Macron s’est servi de François Bayrou pendant la campagne présidentielle. Et maintenant qu’il a une majorité sans le MoDem, il le jette comme un vieux torchon. C’est très révélateur de l’esprit du président de la République.

Le Front National avait organisé une réunion du bureau politique dans la journée de mardi. Jean-Marie Le Pen avait trouvé porte close en se rendant au siège du parti. Le père de Marine Le Pen n’est plus le bienvenu depuis de nombreuses années au sein de la formation politique.

Le gouvernement Macron-Philippe contraint de procéder à un remaniement ministériel plus large que prévu

Le départ de François Bayrou du gouvernement a été très remarqué et commenté. Le Ministre de la Justice devait notamment porter le projet de loi sur la moralisation de la vie publique. Face aux accusations concernant son parti, le MoDem, François Bayrou a préféré démissionner.

Deux autres cadres du MoDem ont également pris une décision forte. Deux femmes ont été contraintes de démissionner cette semaine. Sylvie Goulard, la ministre des Armées, et Marielle de Sarnez, la ministre des Affaires européennes, ont quitté leur poste au sein du gouvernement. Elles étaient toutes les deux directement visées dans l’enquête sur le MoDem.

François Bayrou, qui occupait la fonction de garde des Sceaux, est donc resté à ce poste quelques semaines à peine. Le maire de Pau n’a pas eu l’occasion de beaucoup marquer les esprits depuis l’élection d’Emmanuel Macron. C’est Nicole Belloubet qui a donc été désignée pour succéder à François Bayrou au Ministère de la Justice.

L’affaire des emplois présumés fictifs du Modem qui empoisonne le début du quinquennat d’Emmanuel Macron

L’origine de cette affaire remonte au signalement effectué par l’eurodéputée FN Sophie Montel. Le Front National est accusé, tout comme le MoDem, d’avoir mis en place un système frauduleux pour rémunérer des membres du parti en les salariant comme assistants parlementaires avec des fonds européens. La plupart de ces personnes sont accusées de ne pas avoir réellement travaillé en contrepartie de ces revenus. Les fonds auraient servi à alimenter les caisses des partis politiques.

Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a expliqué que le ministre de la Justice « souhaite se défendre » dans le dossier des assistants parlementaires européens du MoDem. Selon Christophe Castaner, le départ de François Bayrou serait un « choix personnel » qui « simplifie la situation ».

Le projet de loi de la moralisation de la vie publique ainsi que le poids des affaires Cahuzac et Fillon ont donc contraint ces trois ministres à démissionner. Richard Ferrand, proche d’Emmanuel Macron, a lui aussi été dans l’obligation de quitter le gouvernement. Le Premier Ministre Edouard Philippe et le Président de la République souhaitent ainsi être irréprochables. Ils veulent éviter les couacs et le climat délétère des affaires en ce début de mandat.

La détermination de François Bayrou et du MoDem face à cette épreuve judiciaire

Pour le MoDem, l’avenir pourrait s’assombrir avec les suites de l’enquête. L’attitude des députés MoDem présents à l’Assemblée sera scrutée avec attention dans l’hémicycle. Se positionneront-ils en frondeurs face à Emmanuel Macron et sa majorité ? Auront-ils digéré le sort réservé aux ministres MoDem ?

François Bayrou va donc de son côté retourner à la Mairie de Pau.  Il n’est pas apparu revanchard. François Bayrou a tenu à apporter une nouvelle fois son soutien au Président Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse de mercredi.

Je n’ai aucun doute que j’étais la véritable cible de ces dénonciations dans le but de décrédibiliser la parole du ministre. Cette situation exposait le président de la République et le gouvernement […] Je choisis de ne pas exposer à des campagnes mensongères le gouvernement et le président de la République que je soutiens. […] La situation dans laquelle je me trouvais placé en tant que garde des Sceaux était telle que la seule personne qui ne pouvait se défendre était le ministre de la Justice. Nous ne pouvons pas vivre dans une société de perpétuelle dénonciation [où] l’ouverture d’une enquête est considérée comme une pré-condamnation. A cette déferlante la démocratie ne résistera pas.

Publié le vendredi 23 juin 2017 à 9:03, modifications vendredi 23 juin 2017 à 7:42

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