Politique

Les Républicains se prononcent sur l’exclusion des pro-Macron

Le bureau politique a voté l’exclusion de cinq ministres et députés LR ralliés au chef de l’Etat. Mais à cause d’un absentéisme gênant, cette sanction n’est pas encore officielle.

Ce mardi 24 octobre, Les Républicains ont tenu un bureau politique dit “de la clarification” pour aborder la question des Constructifs.

Ils sont parvenus à se mettre d’accord sur l’exclusion de cinq de ces responsables pro-Macrons. Le premier ministre Edouard Philippe, le ministre du budget Gérald Darmanin et le secrétaire d’Etat à l’Ecologie Sébastien Lecornu, doivent quitter le parti Les Républicains. Les élus Thierry Solère et Franck Riester (qui ont pris la tête du groupe des Constructifs à l’Assemblée) sont également visés.

Le Secrétaire Général du mouvement LR, Bernard Accoyer, s’exprimait ce matin, mercredi 25 octobre, au micro de Guillaume Daret dans l’émission Télé Matin.

On ne peut pas être à la fois au gouvernement et dans le principal parti d’opposition.

Depuis la défaite de François Fillon à la présidentielle, la situation devenait de plus en plus intenable pour la droite, empêchée de jouer pleinement son rôle de premier parti d’opposition. Les cadres du bureau politique espéraient donc une large majorité en faveur de l’exclusion de ceux que certains n’hésitent pas à qualifier de traîtres.

L’ancien ministre Brice Hortefeux, proche de Nicolas Sarkozy a un avis bien tranché sur la question.

Des gens qui trahissent sans se chercher un alibi, ça me laisse sans voix. Ils méritent qu’on les foute dehors.

Cependant, faute de quorum, un nouveau bureau sera nécessaire pour confirmer l’exclusion des trois ministres et deux élus constructifs. Au vu des sarcasmes et moqueries qui ont suivi l’annonce du report, les cinq alliés du président déchus de LR ne seront peut-être pas les principaux perdants.

Comment Les Républicains justifie cette exclusion?

Le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, insiste sur l’importance d’avoir une droite et une gauche distinctes.

La confusion entre droite et gauche est démocratiquement dangereuse.

Bernard Accoyer pense que cette confusion est à l’origine de la situation politique en Allemagne. En effet, jamais depuis l’après guerre le Parlement allemand n’avait compté autant de membres d’extrême droite. L’exclusion des membres pro-Macron du parti, avait sans doute aussi vocation à être une démonstration de force. Couper les mauvaises herbes à la racine pour préparer le renouveau du LR.

Mais, cette décision crée du remous au sein même du parti comme le montre l’important absentéisme lors du vote de mardi, et certaines déclarations très contestataires.

Claude Goasguen, député LR de Paris, ne juge “pas impossible” de rejoindre les Constructifs.

Les exclure est une erreur, c’est absurde

Rachida Dati frappe encore plus fort. Sur Twitter, l’ancienne ministre de la Justice compare le bureau politique de LR au “Dîner de cons”, le célèbre film de Francis Veber sorti en 1998.

Qu’en disent les exclus?

Les principaux concernés ne sont pas mécontents de leur sort. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a déjà quitté le parti pour rejoindre En Marche. D’autres ont préféré pousser la logique jusqu’au bout.

Gérard Darmanin exprime son incompréhension. LR lui reproche son inscription sur une liste de La République en Marche aux sénatoriales.

Franck Riester confie quant à lui sa vision à l’AFP

Notre exclusion est un acte politique qui doit être suivi d’un autre acte politique: la création d’un nouveau parti de droite, libéral, social, européen, réformiste et humaniste

Quelle décision a pris LR pour Sens commun?

L’aile “constructive” des Républicains n’est pas la seule à diviser chez LR. À l’autre bout de l’éventail des sensibilités du parti, Sens commun cause du souci à la droite. La place de cette émanation de La Manif’ pour tous devait être au menu du bureau de ce mardi. Mais ce sujet est passé à la trappe. Contrairement aux cas des ministres et députés constructifs, aucune exclusion n’a été prononcée.

Cela scandalise Dominique Bussereau, membre des Républicains, qui assume un absentéisme délibéré.

Alors que LR doivent élire leur futur président en décembre prochain, les incompréhensions et maladresses se multiplient en interne. L’éviction des cinq Constructifs a renforcé les doutes de certaines des personnalités historiques du parti. Si Les Républicains ne trouvent pas rapidement un point d’accord, le parti devra sûrement se séparer en plusieurs mouvances, ce qui l’affaiblirait considérablement.

Publié le jeudi 26 octobre 2017 à 12:04, modifications jeudi 26 octobre 2017 à 23:29

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