Politique

Les Républicains sont-ils trop endettés pour garder leur siège parisien ?

Contraint à se serrer la ceinture alors qu’il commence tout juste à redresser la barre après l’affaire Bygmalion, le parti des Républicains envisagerait de se séparer de son siège parisien, situé dans le XVe arrondissement.

Selon une information RTL de ce mardi 6 février, le parti des Républicains est en proie à d’importantes difficultés financières, avec 55 millions d’euros de dettes. Ainsi, la question de la vente du siège parisien se pose. D’après la radio, Laurent Wauquiez en personne devrait aller à la rencontre les banques ce mois-ci pour décider de l’avenir du quartier général, situé dans le coquet XVe arrondissement de la capitale.

Faire table rase

On ne peut pas prétendre gérer le pays si l’on n’est pas capable de gérer le parti !

Aurait-il récemment lancé à ses équipes.

Ainsi, cette éventuelle vente viendrait massivement renflouer les caisses des Républicains. En effet, l’immeuble avait été acheté 40 millions d’euros il y a six ans. Or, il serait estimé aujourd’hui à 50 millions d’euros. Car, l’immeuble de la rue Vaugirard est très spacieux. Il compte pas moins de 5.500 mètres carrés de bureaux répartis sur dix étages, pour 70 salariés.

En outre, certains militants ne verraient pas d’un mauvais œil cette vente qui permettrait de se débarrasser d’un siège que certains jugent « porte-malheur ».

Défaite de Nicolas Sarkozy à présidentielle, conflit Copé-Fillon, affaire Bygmalion, PenelopeGate… C’est simple, on n’y a jamais fêté une seule victoire !

A notamment déploré un permanent.

Eponger la dette

Pour rappel, les partis politiques disposent de plusieurs sources de financement. Celles-ci peuvent  varier d’une formation à l’autre :

  • Il y en premier lieu, les cotisations de leurs adhérents ;
  • Viennent ensuite, les dons des particuliers. Attention toutefois, ceux-ci ne peuvent excéder 15.000 euros par an) ;
  • S’ajoute une ponction des indemnités de ses élus (parlementaires, élus locaux) ;
  • Enfin, la vente de produits dérivés (casquettes, badges, T-shirts, livres).

Néanmoins, l’essentiel des revenus provient des dotations publiques versées par l’Etat. Un montant qui est calculé à l’occasion des élections législatives.  Ainsi, pour tout parti faisant au moins 1% dans 50 circonscriptions, chaque voix obtenue au premier tour rapporte 1,42 euros par an, pendant cinq ans. Le second tour venant s’ajouter au pécule. En effet, l’Etat verse 37.000 euros par député et par an pendant également pendant cinq ans.  Le versement par l’Etat commence un an après la tenue du scrutin. Par conséquent, les sommes générées par les législatives de 2017 seront donc versées à partir de juin 2018. Or, les élections de juin 2017 ont profondément modifié les situations qui prévalaient jusqu’ici, puisque l’essentiel des ressources des partis proviennent de dotations publiques calculées en fonction de leurs résultats aux législatives.

Pourtant, après deux ans d’efforts, la dette des Républicains est passée de 75 à 55 millions d’euros. Sauf que le parti doit désormais tenir compte de cette importante diminution des dotations de l’État. Avec presque 100 députés de moins et moitié moins de voix qu’il y a cinq ans au premier tour des législatives, la baisse représente près de 40 millions d’euros de moins sur cinq ans.

Ainsi, si le parti n’envisage pour l’instant pas de plan social, la vente de son siège permettrait d’éponger presque toute la dette. A moins que Laurent Wauquiez ne décide de mettre une partie des locaux en location…

Publié le mardi 6 février 2018 à 14:36, modifications mardi 6 février 2018 à 12:32

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