Politique

Réforme de la SNCF : Edouard Philippe annonce le recours aux ordonnances

Le gouvernement va recourir aux ordonnances pour réformer la SNCF, a confirmé Edouard Philippe

Édouard Philippe a confirmé lundi 26 février la volonté du gouvernement de recourir aux ordonnances pour faire passer rapidement sa réforme du rail et de la SNCF.

Ce que nous voulons, c’est une nouvelle SNCF.

A plaidé Édouard Philippe.

En effet, le premier ministre a présenté, aux côtés de la ministre des Transports Elizabeth Borne, le calendrier et la méthode retenue pour réformer la SNCF.

Nous voulons aller vite sans escamoter pour autant la concertation ou le débat parlementaire.

Une situation intenable

La publication des pistes évoquées dans le rapport Spinetta avait déjà mis le feu aux poudres avec les syndicats et les cheminots. Pour rappel, le rapport de l’ancien PDG d’Air France, remis au gouvernement il y a dix jours, préconisait cinq réformes pour la SNCF. L’une d’elles concernait l’abandon du statut des cheminots pour les nouveaux embauchés. Soit environ 90% des salaries. Comme à la Poste ou chez Orange, il viendrait s’éteindre « naturellement » à mesure des départs en retraite.

Or, dans un soucis d’apaisement, Edouard Philippe a d’emblée annoncé :

Ce n’est pas une réforme qui préparerait la privatisation de la SNCF. La SNCF est un groupe public qui porte des missions de service public. Elle est dans le patrimoine des Français et elle y restera.

Ainsi, dans un premier temps, les ordonnances seront « limitées aux seuls aspects techniques » de la réforme.

Mais si certains sujets s’enlisent, si certains tentent de pervertir les discussions, d’en faire en débat idéologique. Alors le gouvernent prendra ses responsabilités.

A d’ores et déjà averti le Premier ministre.

Le Premier ministre a dressé un sombre constat pour la SNCF en qualifiant sa situation «d’alarmante, pour ne pas dire intenable».

Les Français, qu’ils prennent ou non le train, payent de plus en plus cher. Pour un service public qui marche de moins en moins bien.

Ainsi, premier changement, majeur : il n’y aura plus de recrutement au statut de cheminot à la SNCF.

Aux nouvelles générations, aux apprentis, à tous ceux qui veulent s’engager dans la SNCF, nous disons qu’ils bénéficieront des conditions de travail de tous les Français, celles du Code du travail.

A-t-il déclaré.

Une réforme à haut risque

Pour certains analystes, cette bataille du rail sera décisive pour le quinquennat dans son ensemble. En effet, le gouvernement cherche à aller vite sur une partie du dossier, car le « quatrième paquet ferroviaire » européen, qui prévoit l’arrivée de la concurrence sur les rails, doit être transcrit dans le droit français avant le 25 décembre.

Ce que veut faire le gouvernement, c’est-à-dire passer en force sans discussions. Sans mettre le doigt sur les véritables problèmes, eh bien cela risque d’envenimer les choses.

Avait déjà prévenu dimanche 25 février sur France 3 le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

Je défie qui que ce soit de me dire que le problème de la SNCF, le problème des trains en retard. Le problème des trains annulés et des voies qui sont mal entretenues c’est à cause du statut des cheminots.

A fustigé le syndicaliste. Il a imputé ces « problèmes » aux « gouvernements successifs qui ont privilégié » les lignes à grande vitesse ou délaissé les embauches.

Par ailleurs, le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, a estimé qu’une réforme par ordonnances de la SNCF « risque de mettre de l’huile sur le feu ». En effet, invité sur france info ce lundi 26 février, il a ajouté :

Trop d’ordonnances, ça peut tuer le malade. On ne nous a jamais parlé d’ordonnances sur la SNCF. Sur un dossier comme celui-là, il pourrait prendre le temps d’une véritable consultation.

Publié le lundi 26 février 2018 à 12:06, modifications lundi 26 février 2018 à 12:05

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