Politique

Protection de l’enfance : la loi Schiappa impopulaire auprès des associations et professionnels

Votée en début de mois, la loi initiée par la secrétaire d’État se donnait comme objectif une plus grande protection des mineurs face aux agressions sexuelles. Mais sa forme finale est dénoncée par les acteurs de la protection de l’enfance, qui y voient un statu quo.

Le Journal du dimanche publiait il y a deux jours une tribune à charge contre la loi Schiappa. En effet, plusieurs acteurs du domaine de la protection de l’enfance s’insurgeaient contre le “vide” de cet ensemble d’articles. D’abord au nombre de 55, ils sont désormais 84 à avoir paraphé cette critique.

Parmi eux, on retrouve des associations, des auteurs, des militants, des activistes et enfin des médecins. Tous dénoncent le manque de volonté de la loi Schiappa. De plus, les signataires accuse le secrétariat d’État de chercher à faire taire les voix dissonantes.

Loi Schiappa : adoptée mais rejetée

Selon les auteurs du texte publié par le JDD, cette loi “ne protègera pas mieux les enfants“.

Le cœur de la propagande du secrétariat d’État est d’affirmer que la loi Schiappa pose un seuil de non-consentement à 15 ans. Ce qui est faux.

Affirment-ils, en référence à l’article 2, déjà controversé au moment des débats parlementaires.

Ce seuil n’est en réalité qu’un âge sous lequel la contrainte ou la surprise est caractérisée par l’abus de vulnérabilité d’un mineur incapable de discernement.

Expliquent-ils ensuite.

Puis, les auteurs de la tribune rappellent pourquoi selon eux, il n’y a pas de véritables avancées.

La vulnérabilité d’un mineur (…) est déjà prise en compte depuis bien longtemps par les juridictions. Ce texte ne fait donc qu’entériner la pratique (…) La véritable problématique demeure inchangée : cette loi maintient le quasi statu quo en matière de protection de l’enfance en France, un secteur totalement en berne.

Concluent-ils enfin.

Le secrétariat d’État harcèle-t-il les opposants à la loi Schiappa ?

À compter du vote le 1er août de la loi Schiappa, les signataires disent subir des pratiques indignes d’un pays de liberté d’expression.

Le gouvernement n’a écouté ni entendu personne. Pas même la souffrance des enfants (…) Non seulement cette loi déçoit à l’unanimité l’ensemble des professionnels ou experts de la protection de l’enfance(…) mais en plus, le secrétariat d’Etat et ses soutiens ont l’outrecuidance de nous attaquer en raison de critiques légitimes et justes. De quel droit sommes-nous traité.e.s ainsi?

Martèlent-ils.

Il s’agirait ainsi d”une propagande calomnieuse et mensongère particulièrement virulente sur les réseaux sociaux destinée à faire taire toutes voix critiques“. Opération de discrédit fomentée par le “cabinet de la secrétaire d’État mais aussi de militants” de La République En Marche.

Publié le mardi 21 août 2018 à 10:58, modifications mardi 21 août 2018 à 9:49

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