Politique

Primaire EELV : Cécile Duflot évincée par ses outsiders

Cécile Duflot, l’ex-ministre du logement, a été éliminée au premier tour de la primaire Europe-Ecologie-Les-Verts par les eurodéputés Yannick Jadot et Michèle Rivasi. Un échec cuisant.

Séisme au sein du parti Europe-Ecologie-Les-Verts. Alors que Cécile Duflot, l’une des figures emblématiques, était donnée grande favorite de ces primaires écologistes, les électeurs en ont décidé autrement.

En effet, l’ancienne ministre a subi mercredi 19 octobre un cuisant revers qui compromet d’autant plus son avenir politique que son siège de députée de Paris qui est lui aussi menacé.

En outre, il s’agit d’un véritable affront pour celle qui avait le CV le plus étoffé des quatre candidats, mais qui n’a pas réussi à passer le premier tour de ces primaires.

Trois fois élue à la tête du parti entre 2006 et 2012 et ancienne ministre du Logement sous le gouvernement de Jean-Marc Ayrault (2012-2014), Cécile Duflot affinait depuis plusieurs mois déjà sa stature de candidate à l’élection présidentielle de 2017.

Les électeurs et les électrices ont majoritairement estimé que je n’étais pas la mieux placée pour porter le flambeau. J’en suis déçue, comme toutes celles et ceux qui ont cru en ma candidature

A réagi Cécile Duflot sur son compte Facebook peu après l’annonce des résultats.

Comme depuis les premières années de mon engagement, dans les échecs comme dans les succès, je resterai fidèle à mes convictions et mes valeurs

A-t-elle tristement expliqué, en affirmant qu’elle s’engagerait aux côtés du vainqueur de l’élection, sans donner de consigne de vote.

Ainsi, Yannick Jadot est arrivé en tête du scrutin avec 35,61% des voix, devant Michèle Rivasi (30,16%). Cécile Duflot (24,41%) n’arrivant qu’en troisième position, devant l’eurodéputée Karima Delli (9,82%).

Yannick Jadot, âgé de 49 ans et eurodéputé depuis 2009, était le principal concurrent de Cécile Duflot. Il a été directeur des campagnes de Greenpeace France et un des fondateurs de l’Alliance pour la planète. Son projet est de “rassembler les trois écologies, citoyenne, associative et politique”. Proche de Daniel Cohn-Bendit, il a reçu notamment le soutien de Julien Durand, paysan retraité de Notre-Dame-des-Landes, figure de la lutte contre la construction de l’aéroport.

Michèle Rivasi, âgée de 63 ans et également eurodéputée depuis 2009, avait réussi au dernier moment à rassembler ses parrainages pour participer au scrutin. Cette ancienne députée socialiste est connue pour avoir fondé après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986, la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (CRIIRAD). Elle se définit comme étant celle qui fait campagne « à l’extérieur du parti », sur le terrain, où elle défend une écologie « concrète, qui protège les gens ».

Avec ce coup de théâtre, dont les écologistes sont friands lorsqu’ils organisent des primaires, le second tour verra donc s’opposer le 7 novembre Yannick Jadot et Michèle Rivasi, deux élus issus de la société civile et qui se tenaient jusqu’alors très éloignés des stratégies politiques.

Publié le jeudi 20 octobre 2016 à 10:33, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:24

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