Politique

Primaire de la gauche : Que retenir du premier débat ?

Un débat pour rien ?

Les sept candidats à la primaire de la gauche se sont retrouvés pour une première confrontation télévisée. Sans confrontation réelle, le match attendu entre les rivaux n’a pas vraiment eu lieu.

Les sept candidats à la primaire de la gauche se sont affrontés lors d’un premier débat télévisé, ce jeudi 12 janvier sur TF1 et RTL.

Dans un décompte scrupuleusement minuté, chacun a été interrogé sur ses propositions concernant les mesures économiques et sociales. En particulier la lutte contre le chômage, le terrorisme, les inégalités ou encore la réforme des institutions.

L’ambition de cette première confrontation était de taille : créer une dynamique en rendant cette élection la plus attractive possible.

Hélas, de l’avis de nombreux politologues c’est surtout une impression de débat monotone qui a dominé tout au long de cette émission spéciale.

Le bilan de François Hollande … et de Manuel Valls

Le sujet du bilan de François Hollande n’a bien entendu pas été éludé jeudi soir.

Cependant, l’exercice était complexe pour les socialistes. Notamment à l’égard du président de la République, contraint de renoncer à briguer un second mandat pour cause de quinquennat raté et d’impopularité record. Chaque candidat ayant, à un moment ou un autre, exercé des fonctions ministérielles dans ses gouvernements successifs, il fallait toutefois bien parler du quinquennat.

En première ligne sur le sujet, Manuel Valls a exprimé sa « fierté d’avoir servi les Français dans une période très difficile », en allusion aux attentats terroristes.

A l’inverse, pour Arnaud Montebourg, ce quinquennat est « difficile à défendre ».

Benoît Hamon n’a pas été plus indulgent et a exprimé « un sentiment d’inachevé ».

Vincent Peillon a parlé lui d’un « sentiment d’une profonde incompréhension ».

« Peut mieux faire », a abondé Jean-Luc Bennahmias alors que François de Rugy a évoqué sobrement un bilan « contrasté, en demi-teinte ».

Seule l’ex-ministre du Logement Sylvia Pinel a volé au secours de Manuel Valls en soulignant sa volonté de « porter » ce bilan.

Divergence sur le revenu universel

Avancée et portée par Benoît Hamon, la proposition d’un revenu universel pour tous de 750 euros par mois, a été rejetée par les autres candidats, à l’exception de Jean-Luc Bennahmias.

Ainsi, pour Vincent Peillon, cette idée « philosophique pose de gros problème ».

Je veux une société du travail

a radicalement tranché Manuel Valls.

De son côté, François de Rugy a refusé « un revenu de base pour solde de tout compte » de la lutte contre le chômage.

Quand Michel Rocard a mis en place le RMI, on a parlé d’une société qui encouragera l’assistanat, la paresse.

S’est finalement défendu Benoît Hamon.

Haro sur Fillon

A l’inverse, tous les candidats se sont accordés sur un point : François Fillon.

Le candidat vainqueur de la primaire de la droite et notamment son programme pour la Sécurité sociale ont été vilipendé par les sept adversaires.

Aucun de nous ici n’acceptera jamais que les Français soient soignés en fonction de leur capacité contributive: tu es riche, tu es bien soigné, tu es pauvre, tu ne l’es pas.

A lancé Vincent Peillon.

Il n’y a pas de débat au fond entre nous sur la Sécurité sociale ou sur la santé parce que nous sommes tous attachés à ce pilier fondamental de la République.

A approuvé Manuel Valls, alors que François de Rugy a plaidé pour le maintien du système actuel.

Jean-Luc Bennahmias comparé à Bourvil

À défaut d’avoir permis à Manuel Valls, Arnaud Montebourg, Benoît Hamon ou Vincent Peillon de prendre l’avantage, ce premier débat aura au moins permettre à un petit candidat de se faire connaître. Ainsi, Jean-Luc Bennahmias, auteur de plusieurs interventions remarquées mais parfois hasardeuses s’est illustré et moqué toute la soirée sur Twitter.

J’ai préparé la première minute et la dernière minute. Pour le reste, on verra

avait déclaré le candidat, ancien membre des Verts et du MoDem.

Particulièrement décontracté, sans cravate, il a interpellé à l’envi « Benoît », « Manuel » ou « Sylvia » dans un discours parfois décousu. Entraînant les sourires, gênés ou figés, de ses concurrents.

Notamment lorsqu’il a paru découvrir dans la bouche de cette même journaliste sa proposition de constituer un corps de vigiles privés. Une idée qui figure pourtant sur son site internet.

9 jours pour convaincre

Ainsi, au lendemain de ce premier débat d’idées à gauche, les sept candidats le savent, ils n’ont plus droit à l’erreur.

Alors que les sondages leur annoncent l’élimination dès le premier tour de l’élection présidentielle, ils comptent sur la primaire pour inverser le rapport de forces avec les deux autres candidats qui les menacent : Jean-Luc Mélenchon sur leur gauche, Emmanuel Macron sur leur droite.

À tel point qu’en coulisses, certains socialistes commencent à se demander si le vainqueur de la primaire ne devra finalement pas accepter de se ranger derrière Emmanuel Macron.

Car c’est tout l’enjeu de ce scrutin. Attirer assez d’électeurs pour que le Parti socialiste apparaisse comme le centre de gravité de la gauche.

Pour cela, il leur reste deux débats, les 15 et 19 janvier prochains. Les deux tours de la primaire de la gauche se tiendront les 22 et 29 janvier.

En 2011, elle avait réuni 2,66 millions d’électeurs au premier tour. Le Parti socialiste affiche cette année des objectifs de participation plus modestes. En effet, les ambitions ont été revues à la baisse, comprises entre 1,5 et 2 millions d’électeurs pour le 22 janvier.

Publié le vendredi 13 janvier 2017 à 10:30, modifications vendredi 13 janvier 2017 à 10:30

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