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Présidentielle 2017 : Que prévoyaient les sondages avant les précédentes présidentielles ?

En 30 ans, de nombreuses surprises et de grosses déconvenues ont ponctué les élections présidentielles. Favoris de leur camp, Raymond Barre, Lionel Jospin et Edouard Balladur n’ont même pas passé le cap du 1er tour. Les scrutins d’avril et mai prochain semblent bien réserver de nouvelles surprises…

Le 23 avril prochain, les Français seront appelés aux urnes pour le premier tour de l’élection présidentielle. D’ici là, chaque jour des sondages d’intention de vote sont publiés dans les médias.

Or, à 20 jours du scrutin les derniers sondages semblent s’accorder sur le duo Marine Le Pen / Emmanuel Macron.

Pourtant, au regard de l’histoire de la Vème République et plus récemment au regard des surprises électorales survenues dans le monde,  peut-on vraiment attacher du crédit à ces enquêtes ?

Avant 1995 : François Mitterrand balaye Michel Rocard et Raymond Barre

Un an avant ce fameux mai 1981 qui voit les socialistes arrivés au pouvoir et François Mitterrand porter les espoirs de toute une génération, c’est le président sortant Valéry Giscard d’Estaing qui caracole en tête des sondages.

De plus, dans les enquêtes, les Français estiment que Michel Rocard serait un meilleur candidat pour la gauche qu’un François Mitterrand donné au coude-à-coude avec le communiste Georges Marchais.

Pourtant, celui qu’on surnommera «Tonton» sera élu le 6 mai 1981 avec 51,76% des voix.

Lors de la présidentielle 1988, l’Histoire a montré que François Mitterrand n’a jamais été vraiment menacé.

Avec la cohabitation, le président socialiste a habillement fait porter la veste de l’impopularité à son premier ministre Jacques Chirac. C’est pourquoi, à droite, Raymond Barre fait la course en tête comme challenger. Ainsi, cinq mois avant l’élection il pointe à 26%.

Cependant, il ne fera que 16,5% des voix au 1er tour. Et, François Mitterrand est réélu avec 54,02% des voix en mai 1988.

En 1995, un match serré à droite

Durant l’année 1994, Edouard Balladur est assis sur un capital de 33% de suffrages.

Jacques Chirac, lui, n’existe quasi pas.

Tandis que Lionel Jospin en successeur naturel de François Mitterrand reste constant en 2ème position. La fameuse campagne des pommes, et surtout la thématique de la fracture sociale, fait son œuvre pour Jacques Chirac.

A droite, depuis des mois, Edouard Balladur, qui ne s’est déclaré officiellement qu’en janvier, est le grand favori des sondages. Puis, à un mois du 22 avril 1995, Jacques Chirac a déjà doublé Edouard Balladur dans les sondages. Le maire de Paris caracole même en tête bien au-dessus de son score final.

Contre toute attente, avec 20,8%, il devance Edouard Balladur (18,58%). Il sera élu avec 52,64% des voix en mai 1995.

En 2002 : le coup de tonnerre Jean-Marie Le Pen

Les sondages BVA parus début mars montraient que le casting du 2ème tour était quasiment certain avec 24% des intentions de vote pour Lionel Jospin, 21% pour Jacques Chirac.

En effet, entre le premier ministre socialiste Lionel Jospin et le président Jacques Chirac, la cohabitation est heureuse. Le chômage régresse. La France va bien. Elle vient de gagner la Coupe du monde en 1998.

L’esprit Black-Blanc-Beur est donné en exemple par les partisans de la société multiculturelle.  Jean-Marie Le Pen, quant à lui, pointe autour des 10% dans les sondages.

Dans ce contexte personne, vraiment personne, ne s’attend à ce coup de tonnerre du 21 avril 2002.

En effet, lors du 1er tour, le président du Front national termine deuxième avec 16,9%. Il devance Lionel Jospin qui s’est effondré à 16,18%. Jacques Chirac, avec 19,9%, fait le plus mauvais 1er tour d’un président sortant.

Le resserrement de l’écart entre le candidat socialiste et le candidat frontiste s’est en réalité produit dans les toutes dernières semaines du mois d’avril. Avec à la fois une érosion de Lionel Jospin (et marginalement de Jacques Chirac), et une progression de Jean-Marie Le Pen.

Finalement, le président sortant sera réélu avec 82% des voix en mai 2002.

En 2007 : la surprise François Bayrou

Nicolas Sarkozy, le grand favori à droite, fait la course en tête pendant toute la campagne. La candidate socialiste Ségolène Royal le talonnant autour des 30%.

Entre les deux concurrents, le match est resté serré et musclé pendant toute la campagne.

On notera que, pour une fois, le score final de Jean-Marie Le Pen sera inférieur à celui obtenu dans les sondages.

Ainsi, les études d’opinion ont dit vrai. Sauf pour François Bayrou qui engrange un 18,6% au 1er tour alors qu’il était annoncé à 9%.

Au final, Nicolas Sarkozy l’emporte avec 53,06% des voix en mai 2007.

En 2012 : Un duo de tête bien évalué

Lorsque François Hollande se lance en 2010 à la conquête de l’Elysée, il est crédité d’un insignifiant 3%.

Puis quand le favori à gauche, Dominique Strauss-Kahn, se met hors course pour déboires judiciaires et sexuels à New York en mai 2011, François Hollande fait alors un bond dans les sondages.

Dès lors il ne cesse de progresser avant de devancer Martine Aubry, l’autre favorite, lors de la primaire à gauche.

De plus, un mois avant le premier tour du 22 avril, les sondages publiés sont plutôt fidèles à la réalité, donnant le duo François Hollande / Nicolas Sarkozy au premier tour.

En revanche le score de Marine Le Pen dans les sondages (autour de 13%) était nettement plus faible que son score final proche de 18%. A l’inverse Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou ont vu leurs résultats être plus faibles que les intentions de vote.

Finalement, François Hollande, le candidat venu de nulle part, l’emporte avec 51,64% des voix.

Publié le lundi 3 avril 2017 à 10:47, modifications lundi 3 avril 2017 à 9:14

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