Politique

Les points importants du discours d’Edouard Philippe à l’Assemblée nationale

Edouard Philippe, le Premier ministre, a prononcé ce mardi après-midi, devant les députés, sa déclaration de politique générale. Voici les principales mesures annoncées.

Au lendemain du discours d’Emmanuel Macron devant l’ensemble des parlementaires réunis en Congrès à Versailles, Edouard Philippe a présenté mardi 4 juillet la feuille de route du quinquennat à l’occasion d’une déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale.

Ainsi, le Premier ministre a débuté son discours en rendant hommage à Simone Veil, décédée vendredi dernier.

Il a ensuite cité des extraits des discours de politique générale de Jacques Chaban-Delmas et de Michel Rocard.

Ces deux hommes s’accordaient sur un constat et une méthode.

Le volet fiscal et économique chahuté

C’était sans doute le passage le plus attendu. Et c’est justement celui sur lequel les députés ont le plus réagi. Par des applaudissements pour les uns, par des cris pour les autres.

La dette française atteint un « niveau insupportable » de 2.147 milliards d’euros.

Nous dansons sur un volcan qui gronde de plus en plus fort.

A assené Edouard Philippe ajoutant qu’il voulait mettre un terme à « l’addiction française à la dépense publique ». Il a ainsi promis de ramener le déficit public sous la barre des 3% dès 2017.

Edouard Philippe a affirmé qu’aucun ministère, aucun opérateur, aucune niche fiscale ne serait sanctuarisé.

Si nous voulons financer nos priorités, et ne pas continuer à paupériser l’Etat, nous devrons choisir et remettre en cause certaines missions : faire bien ce que nous devons faire. Arrêter de faire ce que d’autres font mieux que nous. Partout nous chasserons la dépense inefficace et le saupoudrage de crédits.

En matière fiscale, Edouard Philippe a confirmé la future hausse de la CSG, couplée à la suppression des cotisations chômage et santé des salariés, et ce dès 2018.

En revanche, d’autres réformes seront retardées.

Le Premier ministre a ainsi annoncé un report à 2019 de la réforme de l’impôt sur la fortune (ISF), destinée à encourager l’investissement dans les entreprises et jusque-là annoncée pour 2018.

Il a également fixé la réforme de la taxe d’habitation à 2022, soit deux années supplémentaires.

Le baccalauréat réformé en 2021

Le Premier ministre a promis de faire profondément évoluer le baccalauréat avec une mise en oeuvre complète pour 2021.

Une concertation sera lancée dès la rentrée prochaine, pour resserrer les épreuves finales autour d’un plus petit nombre de matières et définir ce qui relève du contrôle continu.

A-t-il annoncé.

Cette concertation devrait aboutir avant septembre 2018, à une réorganisation complète de cette réforme pour le bac 2021.

Par ailleurs, Edouard Philippe a aussi appuyé une « ambition forte » pour la filière professionnelle. Il a notamment prôné des liens « resserrés » entre le lycée professionnel et le monde de l’entreprise.

Enfin, le chef du gouvernement a promis la fin des tirages au sort pour l’entrée des bacheliers à l’université.

Une large place à la santé

Les Français sont attachés à leur système de santé, mais constatent qu’il est mal coordonné.

A d’emblée affirmé Édouard Philippe, avant d’annoncer que « la prévention sera le pivot de la stratégie nationale de santé ».

Parmi les principaux points annoncés :

  • les vaccins pour la petite enfance qui sont « unanimement recommandés » deviendront obligatoires dès 2018.

En effet, aujourd’hui seuls trois vaccins infantiles sont obligatoires. Il s’agit de la diphtérie, du tétanos et de la poliomyélite. Or, huit autres, dont la coqueluche, l’hépatite B ou la rougeole, sont seulement recommandés.

  • Le gouvernement « portera progressivement le prix du paquet de cigarettes à 10 euros », contre environ 7 euros actuellement (+40%).

Le tabac en France entraîne plus de 80 000 décès. C’est la première cause de mortalité évitable, et la consommation quotidienne de tabac augmente chez les adolescents. Ne rien faire est exclu.

A martelé Édouard Philippe, en promettant de « lutter sans merci contre les trafics ».

  • la création d’un service sanitaire pour les étudiants des filières de santé
  • un plan de lutte contre les déserts médicaux pour le mois de septembre et le développement de la télémédecine
  • D’ici 2022, les Français ne devront plus payer de reste à charge pour les lunettes, les soins dentaires et les aides auditives.

Notre stratégie de santé devra rompre le cercle vicieux du renoncement aux soins.

A assuré le Premier ministre.

D’ici la fin du quinquennat, tous les Français auront accès à des offres de soins sans aucun reste à charge pour les lunettes, les soins dentaires et les aides auditives.

  • Le Premier ministre a annoncé que dès 2018, l’allocation adulte handicapé et du minimum vieillesse, actuellement à 800 euros, sera revalorisée.

Nous simplifierons les procédures pour les titulaires de droits sociaux qui souvent, par désespoir ou ignorance, ne les réclament plus.

La réforme de la justice

Il est important de « renforcer l’indépendance des magistrats », a martelé le premier ministre, avant d’annoncer une loi quinquennale de programmation des moyens de la justice.

Cette loi permettra à la garde des Sceaux d’engager un vaste mouvement de dématérialisation, de simplification et de réorganisation.

A affirmé le Premier ministre, précisant que le gouvernement tiendrait la promesse de créer 15.000 places supplémentaires de prison.

Édouard Philippe a annoncé un projet de réforme mené par l’Intérieur et la Justice pour simplifier la procédure pénale afin que les forces de sécurité soient libérées de la complexité administrative”.

Au printemps 2018, après des expérimentations, ils porteront ensemble un projet de réforme reposant sur des procédures simplifiées.

A-t-il dit, estimant que cette réforme fera « reculer l’insécurité ».

L’écologie au cœur des préoccupations

Edouard Philippe a annoncé que la convergence entre la fiscalité du gazole et de l’essence serait réalisée avant la fin de la mandature, en 2022.

Ainsi, il a confirmé une promesse de campagne du candidat Emmanuel Macron.

Par ailleurs, le Premier ministre a annoncé une accélération de la « montée en puissance de la fiscalité carbone ».

L’objectif de diviser « par deux les déchets mis en décharge » serait appliqué d’ici à 2025 et le recyclage à « 100% des plastiques » à la même échéance.

Enfin, il a confirmé que le gouvernement n’accorderait plus de nouveaux permis d’exploration d’hydrocarbures.

Quelques heures après le discours, puis les prises de parole des présidents des groupes parlementaires, les députes ont voté la confiance au gouvernement.

Ainsi, sur les 577 députés, 370 ont donné leur approbation à l’équipe gouvernementale.

En outre, 67 députés ont refusé d’accorder leur confiance à l’exécutif. Ce qui représente le plus faible nombre de votes contre, depuis 1959, lorsque Michel Debré était le premier ministre du général de Gaulle.

En revanche, le nombre d’abstentionnistes, 129, représente un record.

Publié le mercredi 5 juillet 2017 à 15:31, modifications mercredi 5 juillet 2017 à 15:31

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